Politique

Île Mbanié : Libreville mise sur la diplomatie après la décision de la CIJ

Le dossier du différend frontalier entre le Gabon et la Guinée Équatoriale continue d’occuper une place sensible dans l’agenda diplomatique régional. Réunis le 6 mai 2026 au siège de la Cour Constitutionnelle du Gabon, les membres de la Commission nationale chargée du contentieux ont réaffirmé la volonté des autorités gabonaises de privilégier la voie du dialogue dans le règlement du litige autour des îles Mbanié, Conga et Cocotiers.

La séance de travail, présidée par Dieudonné Aba’a Owono en présence du vice-président du gouvernement Hermann Immongault, intervient dans un contexte diplomatique délicat, près d’un an après l’arrêt rendu par la Cour internationale de justice sur ce contentieux territorial vieux de plusieurs décennies.

Au cœur des échanges : l’évaluation des pistes de règlement pacifique encouragées par l’Union africaine, ainsi que les modalités d’application des recommandations issues de la décision judiciaire internationale. Libreville semble désormais orienter sa stratégie vers une gestion politique et diplomatique du dossier, dans l’objectif d’éviter toute crispation entre les deux États voisins.

Cette réunion intervient également quelques jours après la visite à Libreville d’Albert Shingiro, désigné par l’Union africaine pour accompagner le processus de médiation entre les deux pays. Sa mission consiste notamment à faciliter les discussions autour des questions restées ouvertes après la décision de la CIJ, en particulier celles liées à la délimitation maritime.

Malgré la portée symbolique et stratégique des îles concernées, les autorités gabonaises affichent une ligne de prudence. Le gouvernement insiste sur la nécessité de préserver les relations historiques entre Libreville et Malabo, dans une région où les équilibres diplomatiques demeurent fragiles.

Le différend autour des îles Mbanié, Conga et Cocotiers dépasse en effet la seule question territoriale. Situés dans une zone maritime considérée comme potentiellement riche en hydrocarbures, ces territoires représentent aussi un enjeu économique majeur. La décision rendue le 19 mai 2025 par la CIJ a reconnu la souveraineté de la Guinée équatoriale sur les îlots contestés, tout en laissant aux deux États la responsabilité de négocier certains aspects liés aux espaces maritimes.

Face à cette nouvelle donne juridique, le Gabon semble désormais chercher une sortie diplomatique qui lui permette de défendre ses intérêts stratégiques sans rompre le cadre de coopération régionale. Une équation délicate, où se mêlent droit international, souveraineté et enjeux énergétiques.

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