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Budget 2026 : la lourde facture syndicale

Si la rencontre de ce lundi 12 janvier entre le Secrétariat Général du Gouvernement et la coalition syndicale menée par Pierre Mintsa s’est voulue cordiale, le cahier de charges déposé sur la table pourrait donner des sueurs froides aux gestionnaires du Trésor public. Entre rappels de solde, revalorisation du SMIG et ouvertures de postes budgétaires, l’addition de la paix sociale s’annonce salée pour l’exercice 2026.

En franchissant, hier les portes du Secrétariat Général du Gouvernement (SGG), les représentants de la « Machette Syndicale » et des secteurs alliés (Mines, Transports, Santé, Affaires sociales) n’avaient qu’un objectif, celui de présenter la facture.

Reçus par Abdu Razzaq Guy Kambogo, les partenaires sociaux ont listé des revendications qui, au-delà de l’aspect administratif, représentent une incidence financière colossale pour l’État.

Vers une explosion de la masse salariale

Au cœur des échanges, Pierre Mintsa a pointé du doigt les dossiers qui fâchent.

Il s’agit notamment du paiement des vacations, les rappels de solde accumulés et, surtout, l’épineuse question du recrutement et de la titularisation des agents publics.

Si ces mesures sont légitimes sur le plan social, elles se heurtent à la réalité comptable.

L’ouverture des postes budgétaires et l’alignement des carrières (gelées depuis des années) impliquent une augmentation mécanique et immédiate de la masse salariale.

Or, dans un contexte où l’Etat cherche à optimiser ses dépenses publiques, satisfaire simultanément l’Éducation nationale, l’Enseignement supérieur et les autres corps de métier relève du casse-tête budgétaire.

L’effet domino redouté

Il ne faut pas circonscrire les efforts aux seules difficultés de l’Éducation nationale » (NDLR). Voilà en substance ce qu’on dit les syndicats au SGG.

Fini le traitement de faveur ou les négociations sectorielles isolées.

Si l’État débloque des fonds pour les enseignants, il devra le faire pour les mineurs, les agents de santé et les travailleurs sociaux.

C’est un véritable effet domino financier que le Gouvernement doit désormais anticiper.

La demande d’une revalorisation du SMIG et l’amélioration de la situation des retraités viennent alourdir un panier déjà plein.

Le SGG temporise, le Budget doit trancher

Conscient que ces doléances dépassent ses prérogatives techniques, le Secrétaire Général du Gouvernement a renvoyé la balle aux « administrations compétentes », promettant de transmettre le dossier.

Si le SGG assure le suivi juridique, c’est bien au Ministère du Budget et des Comptes publics qu’il reviendra de dire s’il y a de l’argent dans les caisses pour financer ces ambitions.

Les « comités de travail » annoncés pour harmoniser les textes devront donc rapidement se transformer en commissions financières.

En ce début d’année 2026, la volonté politique du Chef de l’État d’offrir des conditions « dignes et justes » devra obligatoirement passer par l’épreuve de la calculatrice.

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