Justice gabonaise : la Cour d’appel de Libreville renforce ses rangs lors d’une audience solennelle

La Cour d’appel judiciaire de Libreville a procédé, le vendredi 16 janvier 2026, à l’installation officielle de plusieurs magistrats récemment promus et affectés au sein de cette juridiction stratégique. Organisée au palais de justice de Libreville, la cérémonie s’est tenue sous la présidence de la Première présidente de la Cour, Mme Nancy Engandjas Iwenga, marquant une étape décisive dans l’opérationnalisation des décisions du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
Cette audience solennelle fait suite aux résolutions adoptées lors de la première session extraordinaire du CSM de la Ve République, tenue le 19 décembre 2025 sous l’autorité du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Elle matérialise, dans l’ordre judiciaire, le passage de la nomination administrative à l’exercice effectif de la fonction juridictionnelle.
La cérémonie s’est déroulée en présence de hautes personnalités judiciaires, notamment l’Inspecteur général des services judiciaires, représentant le Garde des Sceaux, professeur Augustin Emane, empêché, le Secrétaire permanent du CSM, la Première présidente de la Cour de cassation, ainsi que des représentants du parquet général et des juridictions de première instance de Libreville et de Ntoum. La participation des familles et des proches des magistrats promus a également conféré à l’événement une dimension humaine et symbolique.
Conformément aux exigences légales, l’installation des magistrats s’est appuyée sur les dispositions de l’article 91 de la loi n°040/23 du 26 octobre 2023 portant statut des magistrats, ainsi que sur celles de la loi organique n°008/2019 du 4 juillet 2019 relative à l’organisation des juridictions de l’ordre judiciaire. Ces textes consacrent l’audience d’installation comme un acte fondateur, sans lequel le magistrat ne peut exercer valablement ses attributions.Quatre magistrats ont ainsi été appelés à prendre officiellement leurs fonctions. Il s’agit, au siège, de Wany’s Hervé Claude, nommé président de chambre, de Ntsame Mve Yolaine Carine épouse Minang et de BOULE Wilfried, conseillers à la Cour d’appel judiciaire de Libreville. Au parquet général, Bruno Obiang Mve a été installé dans ses nouvelles fonctions d’avocat général.
Dans ses réquisitions, le Procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, le Dr Eddy Narcisse Minang, a tenu à rappeler la portée juridique et institutionnelle de l’acte posé. Il a souligné que l’installation ne saurait être réduite à un cérémonial, puisqu’elle conditionne la validité même des actes juridictionnels posés par le magistrat. En ce sens, l’audience d’installation participe directement à la garantie de la sécurité juridique et au respect du principe de légalité.
Le chef du parquet général a également relevé que les promotions décidées par le CSM traduisent une reconnaissance du mérite professionnel et de l’engagement au service de la justice. Il a toutefois insisté sur le fait que l’accession à des fonctions supérieures impose une exigence renforcée en matière d’éthique, de rigueur et de responsabilité.
Prenant la parole à son tour, la Première présidente de la Cour d’appel judiciaire de Libreville a invité les magistrats nouvellement installés à s’inscrire pleinement dans la dynamique de travail engagée par la juridiction depuis octobre 2024. Elle a rappelé les efforts entrepris pour améliorer la célérité du traitement des dossiers et renforcer la qualité des décisions rendues.
Évoquant le rôle fondamental de la justice dans l’architecture institutionnelle de l’État, Mme Nancy Engandjas Iwenga a souligné que l’autorité judiciaire contribue, par ses décisions, à la consolidation de l’État de droit et à la stabilité républicaine. À ce titre, elle a exhorté les magistrats à faire preuve de probité, de courage et de sens du devoir, rappelant qu’ils rendent la justice au nom du peuple gabonais.
Tout en reconnaissant les contraintes matérielles qui peuvent affecter le fonctionnement des juridictions, la Première présidente a exprimé sa confiance dans l’engagement de la tutelle à accompagner l’institution judiciaire. La cérémonie s’est achevée par la réquisition du Procureur général invitant à procéder à l’installation formelle des magistrats, les renvoyant ainsi à l’exercice plein et entier de leurs fonctions.
Par cette audience, la Cour d’appel judiciaire de Libreville a réaffirmé une exigence fondamentale : dans l’ordre judiciaire gabonais, la fonction de juger repose sur le droit, s’exerce avec responsabilité et s’inscrit au service exclusif de la République.



