Sécurité maritime : l’enlèvement de marins indonésiens ravive les tensions diplomatiques entre Libreville et Jakarta

Un nouvel épisode de piraterie dans le Golfe de Guinée replace le Gabon au centre des préoccupations sécuritaires régionales. L’enlèvement de plusieurs marins au large des côtes sud du pays, dans la nuit du 10 au 11 janvier 2026, a provoqué une onde de choc diplomatique, particulièrement à Jakarta, où les autorités indonésiennes exigent des résultats rapides pour la libération de leurs ressortissants.
Les faits se sont produits dans les eaux territoriales gabonaises, à proximité d’Ékwata, lorsqu’un chalutier de pêche, l’IB Fish 7, a été attaqué par un groupe armé. L’opération s’est soldée par l’enlèvement de neuf membres d’équipage, dont quatre citoyens indonésiens. Si le navire a été relâché après un premier versement, les otages seraient toujours retenus par leurs ravisseurs, qui exigeraient désormais une rançon estimée à 500 000 dollars américains.
En Indonésie, l’affaire a rapidement pris une dimension politique. Le mercredi 14 janvier, la Commission I du Parlement (DPR) a publiquement interpellé le ministère des Affaires étrangères, l’appelant à agir avec célérité. Syamsu Rizal, figure influente de cette commission, a rappelé que la protection des ressortissants indonésiens à l’étranger constitue une priorité absolue, évoquant la possibilité de mesures exceptionnelles si les démarches diplomatiques venaient à s’enliser. Le précédent du navire MV Sinar Kudus, en 2011, a été cité comme référence.
À Libreville, la gestion de la crise mobilise plusieurs leviers de l’appareil étatique. Le ministère des Affaires étrangères, conduit par Marie-Edith Tassyah-Ye-Doumbénény, coordonne ses efforts avec l’ambassade d’Indonésie, la Marine nationale et l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN). Les autorités gabonaises privilégient une solution qui permette la libération des otages sans céder au paiement de rançons, considérées comme un facteur d’entretien des réseaux criminels maritimes.
Au-delà du sort immédiat des marins enlevés, cet incident pose la question de l’efficacité du dispositif de surveillance maritime dans le sud du Gabon. Alors que le pays a multiplié les initiatives pour renforcer la protection de ses espaces marins et préserver son image de zone relativement stable dans le Golfe de Guinée, cette attaque rappelle la persistance d’une menace transnationale aux répercussions sécuritaires et diplomatiques sensibles.



