
Le bras de fer qui paralyse l’école gabonaise a pris une tournure inédite ce samedi au stade de Sibang. Lors d’une Assemblée Générale explosive, les enseignants réunis sous la bannière de « SOS Éducation » ont non seulement reconduit la grève, mais également definis les interlocuteurs acceptables côté gouvernement.

Renouer le dialogue
Fatigués des négociations stériles et méfiants envers les structures traditionnelles, les enseignants ont décidé de reprendre le contrôle total du mouvement.
Un comité de 9 représentants a été désigné par la base.
Elle a obtenu la mise à l’écart de la Ministre de l’Éducation nationale, dont la crédibilité semble épuisée aux yeux des grévistes.

Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, désigné Médiateur de la crise par le Président de la République, a confirmé ce changement de cap stratégique.
« Il s’agit de discuter directement avec le Vice-Président du gouvernement qui a été désigné pour échanger », a-t-il déclaré, actant le désaveu de la tutelle ministérielle.
Un mandat sous haute surveillance
Si le dialogue renoue via l’intégration des 9 nouveaux représentants dans trois sous-commissions techniques, les enseignants ont posé un verrou de sécurité absolu.
Contrairement aux pratiques passées, les délégués n’auront aucun pouvoir de signature à huis clos.
Akoma Daniel, enseignant et figure de cette mobilisation, a résumé l’état d’esprit général.

« Nous avons décidé de rentrer en grève pour la dignité de l’enseignant.
Tant que cette dignité ne sera pas respectée, le mouvement de grève va continuer. »
Il a fermement averti les nouveaux délégués, « Nous irons échanger avec les autorités, mais pas question de décider au nom de la base, seule habilitée à décider. »

La reprise des cours, espérée par les autorités n’aura pas lieu.
Les 9 « commandos » de la base entrent en négociation dès le début de semaine, mais ils devront revenir rendre compte avant toute levée du mot d’ordre.



