Éducation : Plaidoyer des enseignants pour réformer l’Éducation nationale

Ce mercredi 11 février à Port-Gentil, les enseignants de l’Ogooué-Maritime, regroupés sous les bannières du Synetecpro, du Sena et de SOS Éducation, se sont exprimés publiquement pour proposer des solutions à la crise qui paralyse le système éducatif gabonais depuis plusieurs semaines. Dans un communiqué à la fois ferme et constructif, ils ont réaffirmé leur volonté de maintenir le dialogue avec les autorités et appelé à une sortie de crise durable, fondée sur l’intérêt de l’école et des élèves.
Lors de cette rencontre, les syndicalistes ont souligné que l’intensification du mouvement de grève trouve sa source dans les menaces et intimidations dont certains enseignants ont été victimes ces dernières semaines. Tout en reconnaissant les efforts déjà entrepris par le gouvernement, ils ont insisté sur le fait qu’aucune négociation sérieuse ne peut se dérouler dans un climat d’insécurité ou de pression.
Se référant à quarante années de lutte syndicale, initiée en 1990, pour la régularisation des droits et l’amélioration des conditions de travail des enseignants, les responsables syndicaux ont qualifié le système éducatif de « grand malade » nécessitant une réforme structurelle. Pour y remédier, ils demandent la création rapide d’une Commission spéciale indépendante, placée sous l’autorité directe du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette instance, qui ne saurait se voir opposer le secret professionnel, aura pour mission de diagnostiquer en profondeur les dysfonctionnements du système éducatif et de proposer des solutions pérennes. Les enseignants proposent de s’appuyer sur les conclusions des États généraux de l’éducation de 2010 comme base de réflexion.
Revendications immédiates et choix d’un représentant
En parallèle, la Commission devrait examiner et statuer sur les revendications urgentes, notamment la régularisation des situations administratives, le paiement des rappels et vacations, la gestion des carrières et l’intégration des enseignants bénévoles et confessionnels.
Pour garantir la crédibilité de l’instance, les syndicats insistent sur la désignation de personnalités neutres, intègres et expérimentées. Après concertation, ils ont choisi le sénateur Léon Ababé pour représenter les enseignants, épaulé par une équipe d’experts, dans les discussions avec les plus hautes autorités.
Reprise des cours et appel à la responsabilité
Les enseignants ont annoncé la reprise immédiate des cours, saluant les initiatives déjà lancées par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema et l’Assemblée nationale. Ce geste marque leur volonté de contribuer à un climat serein et de favoriser l’installation rapide de la Commission.
Ils ont également appelé à des synergies constructives pour valoriser le métier d’enseignant et en faire un « véritable sacerdoce porteur d’émulation et d’épanouissement humain ». Selon eux, la Ve République offre une opportunité de gouvernance pragmatique, orientée vers des résultats concrets au service de la communauté éducative.
L’appel des enseignants de l’Ogooué-Maritime met en lumière un malaise structurel de longue date dans le système éducatif gabonais. La demande de création d’une Commission spéciale indépendante traduit une volonté de dépasser le traitement ponctuel des crises pour s’attaquer aux problèmes de fond. La reprise des cours tout en maintenant des exigences fortes démontre une approche responsable et pragmatique de la part des enseignants. La réussite de cette initiative dépendra désormais de la réactivité des autorités et de leur capacité à instaurer un dialogue transparent, équilibré et orienté vers des solutions durables.



