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Abus policiers : L’heure de la preuve

Le réquisitoire est implacable, le ton martial. Mais au-delà de la parole, le Procureur général Dr Eddy Minang pourra-t-il réellement tordre le cou aux pratiques illégales enracinées au sein des forces de l’ordre ? C’est tout l’enjeu de ce rappel à l’ordre, passer de la parole aux actes.

C’est un discours qui fera date, mais fera-t-il jurisprudence dans les commissariats et les brigades ?

Le Rappel à l’ordre du procureur en en l’endroit des officiers de police judiciaire (OPJ) sur le respect des procédures et des droits humains, dépeint une justice parallèle qui sévit depuis trop longtemps.

Le poids des habitudes

Il ne s’agit pas ici de corriger quelques erreurs administratives, mais de démanteler un véritable « système ».

Transformer un poste de police en agence de recouvrement ou monnayer la liberté d’un gardé à vue sont des pratiques devenues, avec le temps, une économie souterraine pour certains agents véreux.

Briser cette « culture de l’uniforme » demandera plus qu’une simple prise de parole ou une circulaire, aussi ferme soit-elle.

Le magistrat vs « corps habillé »

L’autre inconnue réside dans le rapport de force institutionnel.

Si la loi place la police judiciaire sous la direction du Procureur, la réalité du terrain a souvent montré des unités (B2, DGR, PJ) qui jouissent d’une autonomie de fait, parfois couvertes par leur propre hiérarchie.

Aussi, en dénonçant les réquisitions transmises à la hiérarchie pour « appréciation » avant exécution, le Procureur général pointe du doigt l’obstruction.

La Justice aura-t-elle les moyens politiques de soumettre ces corps constitués à sa seule autorité ?

La sanction comme seul outil

Pour que la peur change de camp, la pédagogie ne suffira pas. Le Dr Minang a promis l’ouverture systématique d’enquêtes pour tout acte de torture ou traitement inhumain.

C’est sur ce point précis que l’opinion publique attend le Parquet au tournant.

Tant que des sanctions disciplinaires et pénales exemplaires ne frapperont pas les contrevenants, ces directives risquent de rester lettre morte.

Le citoyen, désormais armé de ces rappels à la loi, osera-t-il les opposer à un agent armé et zélé, sans craindre des représailles immédiates ? »Repondez directement à la question »

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