Politique

Blaise Louembé : « le PDG veut reconquérir le pouvoir en 2030 »

Le Parti Démocratique Gabonais (PDG) ne cache plus ses ambitions. Réunis le week-end écoulé à Koulamoutou, berceau historique de la formation, pour la célébration en différé de son 58e anniversaire, les membres du parti ont affiché leur volonté de revenir au cœur du jeu politique national à l’horizon 2030.

Prenant la parole à cette occasion, son président, Blaise Louembe, a reconnu la perte du pouvoir intervenue le 30 août 2023, à la suite du coup d’État militaire qui a mis fin à plus d’un demi-siècle de domination politique. Mais il a insisté sur la capacité de résilience de sa formation. « Nous avons perdu la bataille, mais pas la guerre. Notre objectif est de reconquérir le pouvoir en 2030, tout en soutenant l’actuel président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema », a-t-il déclaré.

Cette position traduit une stratégie politique mesurée : le PDG entend se repositionner progressivement sans entrer dans une opposition frontale avec le pouvoir en place, incarné par l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB). Une posture qui suggère une forme de cohabitation politique, voire une volonté de préserver des marges de manœuvre dans un paysage encore en recomposition.

Sur le plan institutionnel, les échéances de 2030, notamment les élections législatives et locales, apparaissent comme une étape clé pour ce retour annoncé. Le PDG, ancien parti unique, revendique aujourd’hui le statut de deuxième force politique du pays. Il conserve en effet une présence non négligeable au Parlement, avec 21 députés titulaires et deux suppléants, ainsi que cinq sénateurs titulaires et quatre suppléants, soit un total de 26 élus nationaux titulaires.

Face à lui, l’UDB domine largement les institutions. Le parti du Président Oligui Nguema dispose d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale avec 101 députés sur 145, ainsi que de 47 sénateurs sur 70. Une configuration qui limite, à court terme, les capacités d’influence du PDG dans le jeu législatif.

Au-delà des chiffres, l’enjeu pour le PDG reste celui de sa reconstruction politique et de sa crédibilité auprès de l’opinion. Héritier d’un long exercice du pouvoir, sous la houlette d’Omar Bongo puis d’Ali Bongo Ondimba, le parti traîne encore l’image d’un système contesté, dont la chute brutale en 2023 a profondément rebattu les cartes.

Dans ce contexte, sa stratégie de reconquête devra composer avec plusieurs défis : renouvellement de son leadership, adaptation à un environnement politique pluraliste plus exigeant, et reconquête de la confiance d’une population marquée par les aspirations au changement. Si l’objectif de 2030 est désormais clairement affiché, sa concrétisation dépendra autant de la capacité du PDG à se réinventer que de l’évolution du paysage politique gabonais dans les années à venir.

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page