

La Caisse des Dépôts et Consignations, bras armé financier de l’État, est au bord de l’implosion. Derrière la grève générale annoncée se cache la faillite totale d’un système de gouvernance. La crise qui secoue « la banque de l’Etat » révèle une gestion opaque, des soupçons de favoritisme et une dérive financière qui interrogent jusqu’aux plus hautes instances de contrôle du pays.
Le préavis de grève, déposé le 7 novembre 2025, est une véritable radiographie d’une gestion chaotique. En 18 points, le syndicat SYLTRA-CDC dresse un réquisitoire implacable.
A la demande de remboursement de primes « indûment perçues » par la Direction Générale, les agents exigent la transparence sur les marchés publics, la fin de contrats jugés opaques avec des cabinets de consulting, et la cessation des « actes d’intimidation ».
Ce n’est plus une négociation, c’est un appel au secours face à une direction qui semble bafouer les règles les plus élémentaires.

Mais le document officiel n’est que la partie émergée de l’iceberg. Selon des informations explosives provenant d’un agent de l’institution, la direction aurait maquillé une perte abyssale de 2 milliards de francs CFA en un bénéfice fictif de même montant pour l’exercice 2024.
Un mensonge comptable qui aurait, selon notre source, provoqué l’intervention de la Cour des comptes.
Pendant ce temps, les quatre membres du top management se seraient partagé entre 70 et 100 millions de primes, en plus d’une « prime d’équipement » de 51 millions destinée à l’achat de « cuisines, salons et chaises » pour leurs domiciles personnels.
Le clientélisme semble également érigé en mode de gouvernance. En 18 mois, les effectifs seraient passés de 96 à 150 agents, soit une augmentation de plus de 50%.

Une inflation de la masse salariale alimentée, selon notre source, par un favoritisme régional flagrant, détruisant la cohésion interne et le principe de méritocratie.
La crise à la CDC est une faillite morale qui expose l’échec des mécanismes de surveillance. Où sont les organes de contrôle ?
Du Conseil d’Administration à la tutelle ministérielle, le silence assourdissant face à ce naufrage annoncé pose une question fondamentale : qui pilote réellement les institutions stratégiques de la République ?



