Gabon–Chine : vers un « zéro douane » historique, opportunité stratégique pour l’économie gabonaise
À l’occasion des célébrations du Nouvel An chinois, l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Gabon, Zhou Ping, a confirmé l’imminente suppression totale des droits de douane sur les produits africains entrant sur le marché chinois. Une annonce aux implications majeures pour le Gabon, tant sur le plan commercial qu’industriel, dans un contexte où le pays cherche à accélérer sa diversification économique.
Cette décision s’inscrit dans un engagement pris par Pékin en juin dernier, visant à instaurer un tarif douanier nul sur l’ensemble des produits en provenance du continent africain. Le 31 décembre 2025, le diplomate chinois a réaffirmé cette orientation stratégique, précisant que des discussions techniques sont actuellement en cours afin de rendre cette mesure pleinement opérationnelle. L’objectif affiché est clair : faciliter l’accès des économies africaines, dont celle du Gabon, à l’un des marchés les plus vastes et les plus dynamiques du monde.
« La Chine poursuit activement les négociations pour l’application effective du zéro tarif douanier, afin que les pays africains, y compris le Gabon, puissent bénéficier très prochainement de l’ouverture du marché chinois », a déclaré Zhou Ping lors de la cérémonie officielle.
Un levier inédit pour les entreprises gabonaises
Pour le Gabon, cette mesure pourrait constituer un tournant structurel. En supprimant le principal frein tarifaire à l’exportation, Pékin offre aux producteurs gabonais un avantage compétitif décisif. Les produits transformés localement, bois à valeur ajoutée, produits agricoles, agroalimentaires, dérivés halieutiques ou encore produits cosmétiques issus de la biodiversité, pourraient accéder au marché chinois sans le poids des taxes, améliorant leur rentabilité et leur attractivité.
Cette ouverture intervient à un moment clé, alors que les autorités gabonaises multiplient les initiatives en faveur de la transformation locale et de la montée en gamme des exportations. Le « zéro douane » pourrait ainsi encourager l’émergence de chaînes de valeur industrielles, en incitant les entrepreneurs à produire davantage sur place plutôt qu’à exporter des matières premières brutes.
Des secteurs clés directement concernés
Plusieurs domaines apparaissent particulièrement stratégiques pour les entrepreneurs gabonais : l’agro-industrie, avec un potentiel accru pour l’exportation de produits transformés (huile de palme, cacao, café, produits vivriers conditionnés) ; la filière bois, déjà structurée, qui pourrait renforcer ses segments de transformation secondaire et tertiaire ; les industries créatives et cosmétiques, valorisant les ressources naturelles locales ; les PME industrielles, qui bénéficieraient parallèlement d’un accès facilité aux équipements et machines importés de Chine à moindre coût.
En effet, l’autre enjeu majeur de cette politique concerne l’importation de matériel industriel et technologique. La baisse des coûts d’acquisition d’équipements, souvent nettement plus compétitifs en Chine, pourrait accélérer la modernisation des unités de production locales et améliorer leur productivité. « Cette décision me permet d’investir plus rapidement dans du matériel performant. En réduisant mes charges, je peux développer mon activité, recruter davantage et viser des marchés plus larges », a témoigné un entrepreneur gabonais sur la télévision nationale.
Un enjeu stratégique pour le développement national
Au-delà des bénéfices individuels, la politique chinoise du « zéro douane » s’inscrit dans une dynamique géoéconomique plus large. Pour le Gabon, elle représente une opportunité de repositionnement stratégique dans les échanges internationaux, à condition d’accompagner cette ouverture par des politiques publiques adaptées : soutien à la production locale, renforcement des normes de qualité, accompagnement à l’export et structuration des filières.
Si sa mise en œuvre est confirmée dans les prochaines semaines, cette mesure pourrait contribuer à densifier le tissu industriel gabonais et à renforcer le rôle d’une jeunesse entrepreneuriale tournée vers l’international. Reste désormais à transformer cette opportunité commerciale en véritable moteur de développement durable et souverain.



