
Le patrimoine foncier du Gabon est en proie à une véritable razzia. Le recensement dévoilé lors du Conseil des ministres du 4 décembre révèle une anarchie totale. Près de 15% des parcelles de l’État sont occupées illégalement et plus de la moitié des réserves foncières sont squattées.
Alors que l’administration peine parfois à trouver des terrains pour construire des infrastructures publiques, le recensement du patrimoine immobilier vient de confirmer le domaine de l’État est massivement envahi.
Les réserves foncières prises d’assaut.

Le chiffre le plus alarmant concerne les « réserves foncières », ces terrains stratégiques conservés par l’État pour les projets futurs.
Sur les 38 réserves identifiées, 24 sont aujourd’hui « squattées », soit un taux d’occupation illégale de 63 %.
En clair, près de deux tiers des espaces réservés au développement du pays ont été accaparés par des tiers, sans aucun titre ni droit.
Un flou juridique inquiétant

Au-delà du squat, c’est la gestion administrative elle-même qui est pointée du doigt.
Sur les 878 parcelles appartenant à l’État recensées, plus de la moitié soit 486, sont encore « à régulariser ».
L’État se retrouve ainsi dans une situation paradoxale où il est propriétaire de fait, mais ne dispose pas toujours des titres officiels pour 55 % de ses propres terrains.
Au total, 128 parcelles sont officiellement occupées illégalement. Ces chiffres témoignent d’années de laxisme et d’absence de contrôle sur le bien public.

Vers des déguerpissements massifs ?
Face à cette « mainmise » anarchique, le Conseil des ministres a tranché. Il ne s’agit plus seulement de constater, mais de récupérer.
Si le communiqué évoque la nécessité de « mesures coercitives », l’avenir s’annonce sombre pour les occupants illégaux.
Pour réaffirmer son autorité et sécuriser son patrimoine, l’État n’aura d’autre choix que d’engager des procédures de déguerpissement pour libérer ces emprises stratégiques.



