
Alors que le sang a encore coulé sur la Nationale 1 ce lundi 29 décembre, fauchant au moins sept vies au PK19, le communiqué du Ministère des Transports sonne comme une provocation. Face à une négligence d’État avérée, le gouvernement ose invoquer la « responsabilité collective ». Les populations elles, eux, ne sont pas dupes.

C’est un communiqué qui a du mal à passer. Quelques heures après qu’un minibus s’est encastré dans une benne abandonnée depuis des mois à Essassa, le Ministère des Transports a cru bon de rappeler les usagers à une « vigilance renforcée », diluant le drame dans une nébuleuse « responsabilité collective ».
Une rhétorique administrative qui ne masque plus la réalité du terrain. « Ce n’est pas la fatalité qui a tué au PK19, mais plutôt le laxisme », souligne Sylvain, un témoins du drame.
« Prévisible et évitable »Sur les réseaux sociaux, la compassion a laissé place à la colère. L’État avoue lui-même que l’obstacle était une « benne abandonnée ».

Dès lors, pourquoi était-elle encore là ?Les internautes, à l’image de Saïra Koukissa, fustigent cette communication hors-sol.
« Vous parlez de responsabilité collective pour diluer la vôtre […] Ce drame était prévisible et ÉVITABLE. ».
Pour les riverains, la Nationale 1 est devenue un couloir de la mort, plongé dans le noir et jonché d’épaves que l’administration refuse de voir.

Racket plutôt que sécurité ?
Le divorce entre l’institution et le peuple est consommé. Là où le Ministère vante les contrôles, les citoyens dénoncent le racket.
«Les agents de la sécurité routière sont devenus des racketteurs… c’est l’argent qui les intéresse et non la norme », assène Jersey Shelley Bekogo.
Si les contrôles servaient réellement la sécurité, cette épave, stationnée illégalement depuis des lustres, aurait été enlevée bien avant qu’elle ne brise des familles à la veille du Nouvel An. Monsieur le Ministre, la « responsabilité collective » a bon dos.
Mais ce lundi, c’est bien la démission individuelle des services de l’État qui a transformé une sortie de route en carnage.



