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Éducation : le déni de la Présidence

C’est un exercice d’autosatisfaction auquel s’est livré jeudi 12 mars Téophane Nzame NzeBiyogh, porte parole de la Présidence de la République. Selon ses propos, la crise qui secoue l’école gabonaise depuis décembre ne serait plus qu’un mauvais souvenir. Elle a été dissipé par la « méthode douce » du Palais et une avalanche de postes budgétaires. Pourtant, la réalité comptable est implacable.

5 000 contre 27 000

Le porte-parole brandit fièrement le chiffre global de « près de 40 000 postes budgétaires » sur trois ans.

Le volume est impressionnant, certes, mais il agit comme un écran de fumée. Lorsqu’on se penche spécifiquement sur l’Éducation nationale, le bât blesse.

Téophane Nze Biyoghe annonce 1 000 postes déjà alloués et 4 000 autres inscrits pour 2026. Soit un total de 5 000 régularisations promises à moyen terme.

Une goutte d’eau dans l’océan de précarité dénoncé par la plateforme SOS Éducation qui réclame la régularisation de 27 000 situations administratives.

Présenter ces 5 000 postes comme une réponse historique relève, soit de la myopie administrative ou du mépris pour ceux qui attendent le reste.

« Soldats du savoir » en pré-salaire

Le gouvernement se félicite qu’il n’y ait eu « ni brutalisation, ni suspension de solde ». Mais n’est-ce pas une autre forme de violence que de maintenir des pères et mères de famille dans le purgatoire des « stages infinis » ?

La crise de décembre naît de l’épuisement des enseignants.

Depuis des décennies, plusieurs d’entre eux sont maintenus en pré-salaire.

Une somme modique qui ne nourrit pas son homme par les temps qui courent.

Peut-on payer un loyer ou nourrir une famille avec de la patience et des hommages rhétoriques ?

Des murs sans maîtres

L’exécutif met en avant la construction de 500 salles de classe et de 48 logements. Si l’effort infrastructurel est louable, il souligne l’incohérence de la politique actuelle.

À quoi bon construire des classes neuves si c’est pour y mettre devant des enseignants démotivés, précarisés et dont le statut administratif reste flou ?

Refuser d’attaquer frontalement le stock des 27 000 dossiers en souffrance, c’est ne pas réglé crise.

Contrairement à ce qu’affirme Téophane Nzame-Nze Biyoghe, toutes les incompréhensions sont loin d’être levées.

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