
Le bras de fer entre le gouvernement et le corps enseignant vient de franchir un point de non-retour. Alors que le collectif SOS Éducation durcit le ton, c’est toute la jeunesse gabonaise qui retient son souffle. L’année scolaire ne tient plus qu’à un fil.

Pas de reprise des cours, rupture du dialogue avec la tutelle, appel direct au Chef de l’État.
Ce sont là les décisions de l’Assemblée Générale des enseignants réunis au terrain de basket d’Awendjé ce samedi 17 janvier 2025.
Des élèves pris en otage

C’est le scénario catastrophe que redoutaient les parents d’élèves.
Coincés entre l’intransigeance de la base enseignante – qui refuse les « demi-mesures » – et un gouvernement qui estime avoir fait sa part, les élèves sont les victimes collatérales de ce dialogue de sourds.
Les retards accumulés sur les programmes commencent à devenir critiques.

Dans les classes d’examen (3ème et Terminale), l’inquiétude laisse place à la panique.
Comment rattraper des semaines de cours perdus ? Comment valider une année tronquée sans brader le niveau de l’éducation nationale ?
L’opinion publique à la croisée des chemins

Jusqu’ici, l’opinion comprenait la colère des enseignants, usés par des années de précarité et de promesses non tenues.
Le cas de ces stagiaires en attente de titularisation depuis plus de dix ans suscite l’empathie.

Mais la stratégie du « Tout ou Rien » adoptée ce week-end est un pari risqué.
Les syndicats mettent la pression sur le Palais du Bord de Mer, mais ils prennent aussi le risque de se mettre à dos les familles.
Le compte à rebours est lancé

La balle est désormais dans le camp de la Présidence. Si une solution politique radicale n’est pas trouvée dans les jours qui viennent, le spectre d’une année blanche, synonyme de gâchis pour des milliers de jeunes, pourrait bien devenir une triste réalité.
Lundi matin, le silence dans les cours de récréation sera assourdissant.



