Électricité : Riposte contre les branchements directs

Invité de l’émission Le Gouvernement s’exprime diffusée le lundi 21 février 2026 sur Gabon 24, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a dressé un constat sans détour sur la situation du secteur électrique au Gabon. Au cœur de ses déclarations : la question sensible des factures impayées et des branchements directs au réseau.
« Les Gabonais ne paient pas leurs factures. […] Il y a près de 2 887 branchements directs. Cela signifie que 2 887 abonnés de la SEEG, identifiés dans sa base de données, ne paient pas leur électricité », a affirmé le membre du gouvernement.
Près de 3 000 branchements directs recensés
Selon le ministre, ces 2 887 branchements directs correspondent à des abonnés officiellement enregistrés auprès de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), mais qui consomment de l’électricité sans s’acquitter de leurs factures.
Une situation qui, d’après lui, fragilise l’équilibre financier de l’opérateur et pèse sur l’ensemble du système de distribution. Les branchements directs, souvent tolérés ou non détectés durant plusieurs années, représenteraient un manque à gagner significatif pour la société en charge de la production et de la distribution d’électricité.
Le ministre évoque des pratiques qui perdurent « depuis 5, 10, 15, voire 20 ans », traduisant l’enracinement du phénomène.
Une brigade mixte pour procéder aux débranchements
Face à ce constat, le gouvernement annonce un durcissement. Philippe Tonangoye a indiqué qu’une brigade spéciale a été constituée en collaboration avec la SEEG. Cette unité regroupe des officiers de police judiciaire, des éléments de la Gendarmerie nationale ainsi que des agents techniques de l’entreprise.Leur mission : procéder « incessamment » aux opérations de débranchement des installations irrégulières sur l’ensemble du territoire national.
« Concernant les branchements directs, nous avons pris un certain nombre de mesures afin que les choses aillent dans le bon sens », a précisé le ministre, soulignant que l’opération ne se limitera pas à une zone spécifique mais concernera toutes les provinces.
Restaurer l’autorité et la viabilité du service public
Au-delà de la dimension répressive, ces annonces s’inscrivent dans un contexte plus large de réforme du secteur de l’eau et de l’énergie. Le gouvernement ambitionne de rétablir la discipline dans la consommation, d’assainir les comptes de l’opérateur public et de garantir la viabilité du service.
La lutte contre les branchements directs pose toutefois une équation délicate. Si elle répond à une exigence de légalité et de justice envers les abonnés réguliers, elle soulève également des questions sociales dans un contexte marqué par des difficultés économiques et des délestages récurrents.
Reste à savoir si cette opération permettra de réduire durablement les pertes commerciales et d’améliorer la qualité du service, ou si elle révélera, en creux, les fragilités structurelles d’un secteur en pleine mutation.



