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Secteur pétrolier : l’ONEP brandit la menace d’une grève générale

Le climat social se tend dans le secteur pétrolier gabonais. L’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) a haussé le ton et avertit qu’un arrêt concerté de travail pourrait intervenir si les employeurs ne donnent pas suite aux revendications des travailleurs d’ici la fin du mois de janvier 2026.

Dans une communication ferme, le syndicat rappelle que le droit de grève est consacré par l’article 379 du Code du travail et constitue, selon lui, un levier légitime lorsque le dialogue social s’enlise. Pour l’ONEP, la multiplication des échanges sans avancées concrètes a fini par fragiliser la paix sociale au sein d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.

Selon l’organisation syndicale, plusieurs préavis ont été régulièrement déposés au cours des deux dernières années à l’attention des entreprises pétrolières et de leurs sous-traitants. Toutefois, ces démarches seraient restées lettre morte, alimentant un sentiment de lassitude et de frustration parmi les travailleurs. Le syndicat évoque un environnement social « dégradé », marqué par l’absence de réponses claires et engageantes de la part des employeurs.

Face à cette situation, l’ONEP pose un ultimatum : les sociétés concernées disposent jusqu’au 31 janvier 2026, à 23h59, pour apporter des réponses jugées satisfaisantes. Sont visées aussi bien les grandes compagnies opérant dans l’exploration et la production que les entreprises de services du secteur, notamment Perenco, Assala, TotalEnergies EP, Maurel & Prom, BW Energy, Bourbon Offshore, Schlumberger, Dixtone et d’autres prestataires.

Parmi les principales revendications figurent la fin de certaines pratiques de mise à disposition du personnel, qualifiées d’irrégulières, l’harmonisation des rémunérations avec celles des sociétés utilisatrices, assortie d’un rattrapage salarial, ainsi que l’intégration des travailleurs remplissant les conditions prévues par la législation en vigueur. L’ONEP insiste également sur la prise en compte des doléances spécifiques propres à chaque entreprise concernée.

Consciente des enjeux liés à la sécurité des installations pétrolières, l’organisation syndicale indique qu’en cas de grève, un service minimum serait assuré, conformément à l’article 385 du Code du travail. Celui-ci, limité à 40 % des activités, porterait essentiellement sur la sécurisation des sites et des équipements. À quelques jours de l’échéance fixée, le secteur retient son souffle, alors que le compte à rebours est désormais enclenché.

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