Annonces

Football : Des U17 aux U15, les jeunes Panthères en difficulté

Le football gabonais peine à préparer son avenir lorsque ses sélections de jeunes n’arrivent plus à franchir le cap des compétitions régionales. Ce dimanche 15 mars 2026, le stade de Nzeng Ayong a servi de cadre aux dernières rencontres du tournoi UNIFFAC U15, dans les catégories masculine et féminine. L’enjeu était de taille pour les équipes engagées : décrocher une qualification pour le Championnat Africain de Football Scolaire. Au terme de la compétition, la République Démocratique du Congo s’est imposée face aux Panthères du Gabon en remportant les deux finales. Chez les garçons, les Congolais ont arraché la victoire aux tirs au but après un match nul et vierge (0-0, 3-1 TAB).

Une nouvelle désillusion pour les sélections de jeunes

Une défaite difficile à digérer pour le Gabon, qui voit une nouvelle fois l’une de ses sélections de jeunes échouer aux portes d’une qualification continentale. Plus qu’un simple revers sportif, ce résultat relance le débat sur les difficultés du football gabonais à briller dans les compétitions de jeunes.

La défaite des U15 face à la RDC ne constitue malheureusement pas un cas isolé. Depuis des décennies, les sélections de jeunes du Gabon peinent à franchir les différentes phases de qualification des compétitions africaines.

Quelques semaines après l’échec récent des U17 à se qualifier pour les grandes échéances continentales, ce nouvel échec des U15 vient renforcer un constat inquiétant : le football gabonais n’arrive pas à se distinguer dans les compétitions de formation.

La formation des jeunes, un chantier toujours en retard

Si les résultats tardent à venir, c’est aussi parce que la formation des jeunes reste l’un des principaux défis du football gabonais. Contrairement à plusieurs nations africaines qui ont fait de la formation une priorité stratégique, le Gabon peine encore à structurer un véritable réseau de centres de formation.

Dans de nombreux clubs de première division, les catégories de jeunes sont soit inexistantes, soit insuffisamment organisées. Pourtant, dans les grands pays de football, les clubs constituent le premier maillon du développement des talents.

Faut-il alors rendre obligatoire la mise en place de centres de formation dans les clubs de première division ? La question mérite d’être posée. Sans structures adaptées, sans encadrement technique de qualité et sans compétitions régulières pour les jeunes, il devient difficile de détecter et de développer les futurs talents.

À cela s’ajoute une critique régulièrement évoquée dans le milieu sportif : le favoritisme dans certaines sélections, qui peut parfois freiner l’émergence de jeunes joueurs méritants. Lorsque les critères sportifs ne sont pas toujours prioritaires, la performance collective finit inévitablement par en souffrir.

S’inspirer des modèles qui fonctionnent

Face à ces difficultés, plusieurs observateurs appellent à une réforme profonde de la politique de formation au Gabon. Certains pays africains ont déjà démontré qu’un investissement sérieux dans la formation peut transformer durablement un football national.

Le Sénégal, par exemple, s’appuie sur un réseau solide d’académies et de centres de formation qui alimentent régulièrement ses équipes nationales en jeunes talents. De son côté, le Maroc a investi massivement dans les infrastructures et la formation des jeunes, avec des académies modernes et une stratégie claire de développement.

Ces pays récoltent aujourd’hui les fruits de cette politique en étant régulièrement présents dans les grandes compétitions africaines et internationales. Le Gabon peut-il suivre cette voie ? La question mérite d’être posée, tant l’écart semble se creuser avec certaines nations du continent.

La défaite des U15 gabonais face à la RDC lors du tournoi UNIFFAC n’est peut-être qu’un match perdu. Mais elle illustre surtout les difficultés persistantes du football gabonais à préparer l’avenir. Entre l’absence de structures de formation solides, le manque d’organisation dans les catégories de jeunes et les résultats qui stagnent, le chantier reste immense. Pourtant, l’avenir du football national dépend largement de la capacité des dirigeants à investir dans la formation.

Car une évidence demeure : sans une jeunesse bien encadrée et bien formée, aucune nation ne peut espérer briller durablement sur la scène internationale.

La question reste donc ouverte : le Gabon prendra-t-il enfin le virage de la formation ou continuera-t-il à regarder les autres nations africaines progresser ?

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page