Éducation nationale : Camélia Ntoutoume Leclercq alerte sur un risque de rupture de l’année scolaire

La crise sociale qui paralyse le secteur de l’éducation depuis plusieurs semaines atteint un point de bascule. Dimanche 25 janvier, lors d’une intervention télévisée sur Gabon 1ère, la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a dressé un état des lieux sans détour, mêlant avancées administratives, chiffres précis et mise en garde solennelle sur les conséquences pédagogiques d’une grève qui s’installe dans la durée.
Reconduit au gouvernement en janvier 2026, la ministre affirme avoir relancé le dialogue social dès ses premiers jours, sous l’autorité du président de la République. Une commission tripartite, réunissant les ministères de la Fonction publique, du Budget et de l’Éducation nationale, a été mise en place afin de traiter des revendications qualifiées de légitimes par les autorités. L’ensemble des sensibilités syndicales regroupées au sein de SOS Éducation a été associé aux échanges.
Sur le plan administratif, le gouvernement met en avant plusieurs avancées. La mise en solde de 328 agents sortants d’écoles de formation, classés au niveau SN7, a été actée, tout comme l’intégration en présalaire de 692 diplômés de l’École normale et de l’ENIF. À ces mesures s’ajoutent la prise en charge de 108 enseignants de matières scientifiques et l’intégration de 1 810 enseignants bénévoles engagés dans le processus d’accès à la fonction enseignante.
S’agissant des régularisations de carrière, titularisations, avancements et reclassements, la ministre a indiqué que 4 000 dossiers ont déjà été traités sur les 6 574 recensés, soit un taux d’exécution supérieur à 60 %. Une dynamique appelée à se poursuivre. Entre 2024 et 2026, près de 10 000 agents du ministère de l’Éducation nationale devraient voir leur situation administrative évoluer à travers de nouvelles mises en solde, créations de présalaires et opérations de régularisation programmées.
Mais l’alerte la plus pressante concerne désormais le calendrier scolaire. Trois semaines de cours ont déjà été perdues sur les 33 prévues, rapprochant dangereusement le système éducatif du seuil critique recommandé par les normes internationales, notamment celles de l’Unesco. Au-delà de ce seuil, c’est la validité même de l’année scolaire, la crédibilité des diplômes et l’avenir immédiat des élèves, en particulier des candidats au baccalauréat, qui seraient compromis.
Face à cette situation, Camélia Ntoutoume Leclercq a lancé un appel solennel à l’ensemble de la communauté éducative. Elle exhorte les enseignants à reprendre effectivement les cours, tout en appelant parents et élèves à une mobilisation collective afin de préserver l’essentiel : l’avenir éducatif des enfants du Gabon. Dans un contexte social encore tendu, le gouvernement insiste sur l’urgence de concilier poursuite du dialogue social et sauvegarde du temps pédagogique.



