Gabon : 9 ministres concentrent les pouvoirs en attendant le remaniement

Tournant majeur au sein de l’exécutif gabonais. Dix-huit membres du gouvernement ont remis leur démission ce vendredi, quelques jours avant l’installation officielle du nouveau Parlement. Élus députés lors des législatives de septembre et octobre, ils ont été contraints d’appliquer l’article 73 de la Constitution de la 5e République, qui prohibe tout cumul entre un mandat parlementaire et une fonction ministérielle. Plutôt que de pourvoir immédiatement ces postes, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi d’attribuer les intérims à seulement neuf ministres, dans l’attente d’un remaniement complet.
Ces départs massifs entraînent la disparition du poste de vice-président du gouvernement, occupé jusqu’ici par Alexandre Barro Chambrier. Celui-ci a présenté un bref bilan des mois passés à la coordination de l’action gouvernementale, rappelant les réformes engagées depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle République, notamment en matière de transparence et de modernisation de l’État.
La présidence, de son côté, souligne que cette transition s’inscrit dans une volonté d’assainir la gouvernance et de consolider la nouvelle architecture institutionnelle. Face à la réduction drastique des effectifs gouvernementaux, le chef de l’État a assuré que les ministres restants continueront de gérer les affaires courantes pour éviter toute paralysie administrative. Il a également appelé à préserver l’élan des réformes, tout en préparant la nomination d’une équipe gouvernementale renouvelée et cohérente avec les impératifs de la 5e République.
Pour maintenir la continuité de l’État, un décret présidentiel daté du 14 novembre désigne neuf « supers ministres » chargés de reprendre provisoirement les dix-huit départements laissés vacants. Choisis pour leur neutralité lors des derniers scrutins et leur maîtrise des dossiers prioritaires, ces ministres cumuleront chacun plusieurs portefeuilles jusqu’à la formation du futur gouvernement.
Au cœur de cette configuration exceptionnelle, Henri-Claude Oyima se voit attribuer les intérims les plus sensibles, dont celui du vice-président du gouvernement et du ministère de la Mer. François Ndong Obiang, Hermann Immongault, Paul-Marie Gondjout et Louise Mvono figurent également parmi les piliers de ce dispositif transitoire. Certains prendront la tête de trois ministères à la fois, illustrant le caractère hautement stratégique de cette période de recomposition politique.



