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Gabon Infini : Une perte de souveraineté du Gabon?

Le Gabon a accepté 200 millions de dollars d’une coalition menée par le fonds de Jeff Bezos pour sanctuariser sa biodiversité. Entre pragmatisme économique et perte de souveraineté, le programme « Gabon Infini » pose question. Les milliardaires de la Tech dictent-ils désormais la politique environnementale des États ?

Avec le programme « Gabon Infini », Libreville s’engage à protéger 30 % de ses terres et de ses espaces marins d’ici 2030.

En échange, une coalition internationale, propulsée par une injection de 50 millions de dollars de Jeff Bezos, mobilise près de 120 milliards de FCFA. Mais au-delà du chèque, c’est la mécanique de l’accord qui interpelle.

L’architecture financière repose sur le Financement de Projet pour la Permanence (PFP). Finies les aides au développement versées sous forme de chèques en blanc.

L’argent est sécurisé dans une fiducie, et les décaissements sont strictement conditionnés à l’atteinte de « jalons législatifs et de performance technique ».

De fait, si l’État gabonais ne remplit pas le cahier des charges dicté par le montage financier, les robinets se ferment.

Pragmatisme ou néocolonialisme ?

Pour Libreville, l’approche est avant tout pragmatique. Face à la volatilité des financements classiques, ce modèle instaure une « gouvernance par résultats ».

Le pays fait le choix stratégique de geler d’éventuelles concessions extractives (mines, pétrole) pour valoriser un « Capital Naturel » qui pourrait lui rapporter plus de 4 milliards de dollars à terme, notamment via les crédits carbone.

Cette stratégie s’apparente à un véritable Asset Management (gestion d’actifs) territorial qui bouscule la notion même de souveraineté.

L’État accepte de placer la gestion d’un tiers de son territoire sous la supervision d’auditeurs et de philanthropes occidentaux.

Quand un géant de la Tech américaine cofinance la sanctuarisation du Bassin du Congo, la ligne entre aide internationale et mise sous tutelle s’amincit.

Le Gabon s’érige aujourd’hui en laboratoire de la conservation « bancable ».

Si le modèle réussit, il redéfinira la solvabilité des États africains.

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