Élimination du Gabon : entre tensions internes et choix tactiques contestés
C’est une onde de choc qui traverse le Gabon. Le 14 novembre 2025 au soir, les Panthères ont été lourdement battues par le Nigeria (4–1) en match de barrage des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Une défaite synonyme d’élimination, mais surtout un immense chagrin pour un peuple qui croyait encore au miracle. Le rêve s’est évaporé, brutalement, comme souvent ces dernières années, laissant derrière lui un goût amer d’inachevé.
Un match qui bascule sur des détail puis s’effondre

Alors que les deux équipes se dirigeaient vers une fin de match tendue, un ballon a tout fait basculer. Sur une action sans véritable danger, Aron Appindangoye manque sa passe en retrait. Akor Adams surgit, intercepte, élimine Loyce Mbaba et ouvre le score (1–0, 78e).
Onze minutes plus tard, Mario Lemina, dans son grand jour, rallume l’espoir d’un puissant tir croisé (1–1, 89e). Le Gabon arrache la prolongation, presque contre le cours du jeu.
Mais dès l’entame du temps additionnel, la machine nigériane se remet en marche. Ejuke donne l’avantage (2–1, 97e), puis Victor Osimhen, longtemps frustré par un immense Loyce Mbaba, finit par assommer les Gabonais avec un doublé (102e, 110e).
Résumé condensé de la physionomie du match

Malgré une égalisation héroïque, les Panthères ont subi une domination écrasante. Avec un seul tir en 90 minutes contre dix pour le Nigeria, le Gabon a surtout survécu grâce à un gardien exceptionnel. Loyce Mbaba a retardé l’échéance avec plusieurs arrêts cruciaux, notamment face à Osimhen, mais n’a pas pu empêcher l’inévitable. Même un possible penalty non accordé à Appindangoye (55e) n’aurait probablement pas changé l’issue tant l’écart entre les deux équipes était flagrant.
Des fissures internes qui rejaillissent sur le terrain

Mais la défaite ne se lit pas uniquement à travers les statistiques ou les choix tactiques. Depuis plusieurs semaines, la Tanière vit dans un brouillard institutionnel qui interroge.
À la veille du match décisif, deux figures clés du staff manquaient à l’appel :
• Éric Mouloungui, Manager Général Adjoint,
• Bouquet Mougoula, Responsable de la Sécurité.
Une double absence lourde de sens. Désaccord profond ? Sanction interne ? Décision administrative ? Aucune communication officielle. Juste un silence pesant, au moment même où l’équipe avait besoin de stabilité, d’unité et de sérénité.
Ce vide s’ajoute à un autre épisode : un mois plus tôt, les joueurs avaient exprimé leur mécontentement concernant des primes impayées, plongeant la sélection dans un climat de tension et de méfiance. Dans ces conditions, comment espérer aborder un barrage mondialiste avec l’esprit clair et la cohésion nécessaire pour renverser un géant africain ?
Les choix de Thierry Mouyouma en question

L’élimination ravive également la critique autour des décisions tactiques de Thierry Mouyouma. Un bloc trop bas, un manque d’ambition offensive, des changements tardifs, et l’incapacité à proposer un plan de jeu clair face à une équipe nigériane pourtant fragile dans les premiers instants.
L’impression générale est celle d’une équipe venue pour subir plutôt que pour jouer. Et lorsque les failles internes se mêlent aux hésitations tactiques, l’addition devient lourde, implacable.
Une élimination qui appelle des réponses
Au-delà de la douleur, cette défaite pose une question essentielle : comment reconstruire une sélection minée par les tensions, les non-dits, et un manque criant de vision ?
Le Gabon dispose de talents, de leaders, d’une génération capable de mieux. Mais sans structure solide, sans climat apaisé, sans projet sportif affirmé, les Panthères resteront condamnées à revivre ces désillusions.



