Gabon : le gouvernement veut en finir avec le désordre des systèmes d’information

À Libreville, le ton a été direct. Face aux responsables informatiques de l’administration, réunis le 3 avril 2026, le ministre de l’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, a posé un diagnostic sans détour : la transformation digitale de l’État ne pourra aboutir sans une remise en ordre profonde des méthodes actuelles.
Aujourd’hui encore, de nombreux projets numériques sont menés de manière isolée, sans réelle coordination. Une situation que le membre du gouvernement juge contre-productive, appelant à bâtir une vision d’ensemble, structurée et interconnectée.
Organisée à l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des fréquences (ANINF), cette rencontre a permis de recadrer les priorités. Pour les autorités, le numérique doit désormais s’imposer comme un outil stratégique, capable d’améliorer concrètement le fonctionnement de l’administration et la qualité des services publics.
Remettre de l’ordre dans la gouvernance
Au centre des préoccupations : la question du pilotage. Le ministre a insisté sur la nécessité d’un cadre de gouvernance plus solide, afin de mieux coordonner les initiatives portées par les différents ministères et administrations.
L’objectif est double : éviter la dispersion des ressources et garantir une meilleure cohérence des projets. Cela passe notamment par l’élaboration de feuilles de route sectorielles alignées sur une orientation nationale claire.
Dans cette perspective, la mutualisation des moyens et une gestion plus rigoureuse des investissements apparaissent comme des leviers incontournables.
Une feuille de route en cinq priorités
Pour structurer cette transformation, le gouvernement mise sur cinq axes principaux : adapter le cadre réglementaire, renforcer les infrastructures, accélérer la numérisation des services publics, former les compétences locales et organiser la gestion des données.
À travers cette approche, les autorités espèrent simplifier les démarches administratives, améliorer l’expérience des usagers et renforcer l’efficacité globale de l’action publique.
Passer des intentions aux résultats
Si les échanges ont permis d’identifier plusieurs blocages, techniques comme organisationnels, ils ont aussi servi à clarifier les prochaines étapes.
Parmi elles : l’instauration d’un dialogue permanent avec les responsables informatiques, la mise en place progressive de plans directeurs par secteur et la sélection de projets à fort impact.
En filigrane, une ambition : faire du numérique un véritable moteur de modernisation de l’État, capable de réduire les lenteurs administratives, d’accroître la transparence et de mieux répondre aux attentes des citoyens comme des entreprises.



