Economie

Gestion financière de l’État : le gouvernement active le SIGFIP, pilier de la réforme numérique

Le gouvernement gabonais a officiellement franchi un nouveau cap dans la modernisation de la gestion budgétaire avec la mise en service du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP). La cérémonie de lancement s’est tenue jeudi sous la conduite du ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie chère, Thierry Minko, en présence du ministre délégué Marc Abeghe et de plusieurs hauts responsables de l’administration financière.

Conçu comme une plateforme numérique centrale, le SIGFIP ambitionne de transformer en profondeur la chaîne des finances publiques. L’outil permet une meilleure traçabilité des opérations de l’État, une sécurisation accrue des flux financiers et une rationalisation des procédures budgétaires et comptables. De l’engagement des dépenses jusqu’à leur règlement, l’ensemble du processus est désormais intégré dans un système unique, limitant les interventions manuelles et les risques d’erreurs.

Parmi les innovations majeures figure l’opérationnalisation de la signature électronique, ainsi que le déploiement du système sur l’ensemble du territoire national, y compris dans les représentations diplomatiques du Gabon à l’étranger. Le SIGFIP centralise également les encaissements des régies financières, offrant aux autorités un suivi en temps réel des recettes et des dépenses publiques, un levier essentiel pour le pilotage budgétaire.

À l’orée de l’exécution de la loi de finances 2026, le ministre de l’Économie et des Finances a tenu à s’assurer de la pleine fonctionnalité du dispositif. Il a notamment inspecté le Data Center hébergeant les données du système et assisté, au ministère de la Justice, à une opération d’enregistrement d’ordonnances de paiement. La démarche s’est déroulée en présence des directeurs généraux du Budget, des Impôts, du Trésor et des Marchés publics, soulignant la portée transversale de la réforme.

Les autorités financières ont par ailleurs annoncé que le SIGFIP s’inscrit dans un ensemble plus large de chantiers prévus pour l’exercice 2026. Sont notamment attendus la mise en œuvre de la facture normalisée, la création d’un fichier unique de référence et la poursuite de la digitalisation des procédures douanières à travers SYDONIA World. L’objectif affiché est l’automatisation complète de la chaîne financière de l’État, depuis la mobilisation des recettes jusqu’à l’exécution des dépenses.

Cette dynamique de réformes répond aux orientations fixées par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a fait de la transformation digitale de l’administration financière un axe stratégique de la gouvernance publique.

Le lancement du SIGFIP constitue une avancée structurante pour la gestion des finances publiques au Gabon. S’il promet davantage de transparence et d’efficacité, son impact réel dépendra toutefois de son appropriation par les administrations, de la fiabilité des données alimentées et de la continuité politique dans la conduite des réformes. La réussite du dispositif se mesurera, à terme, à sa capacité à réduire les délais de paiement, à améliorer la prévisibilité budgétaire et à restaurer la confiance dans la gestion des ressources publiques.

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page