
Au plus fort de la crise sociale de janvier, le gouvernement promettait la régularisation des dizaines d’enseignants. Un mois plus tard, la montagne a accouché d’une souris. La mise en solde tant attendue s’est transformée en un fiasco administratif, dévoile au grand jour « un véritable enfumage » d’État.

Souvenez-vous du 15 janvier dernier. Les écoles étaient paralysées et le gouvernement appelait à la « responsabilité », au « patriotisme » des enseignants.
Pour calmer le jeu, le ministère de l’Éducation nationale dégainait une infographie pour afficher fièrement un taux de réussite des accords de « 100 % ».
Dès février 2026, 328 sortants des écoles ENS et ENSET, 692 diplômés ENIL et ENIF, ainsi que 1 810 enseignants dits « bénévoles » devaient enfin voir la couleur de leur argent, sous forme de mise en solde ou de présalaire.

Une communication de crise destinée à renvoyer les professeurs dans les salles de classe. Mais la communication politique résiste rarement à l’épreuve des faits.
Arrivés à l’échéance du 25 février, les milliers de régularisations promises se sont évaporées.
À la sortie d’une rencontre avec les syndicats, la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a douché les derniers espoirs.

Sur un échantillon déjà drastiquement réduit à 168 dossiers de sortants-écoles, seuls 20 malheureux enseignants percevront leur salaire ce mois-ci. Vingt.
Face à ce grand écart vertigineux, les excuses avancées par le gouvernement relèvent de la farce amère. La ministre évoque des « soucis techniques » et un manque de « temps matériel ».
Pour des diplômés qui attendent parfois depuis des années de toucher le fruit de leur travail, la pilule est impossible à avaler.

Comment l’État peut-il s’engager publiquement et signer un protocole d’accord sur des milliers de dossiers, s’il n’a ni la capacité administrative, ni l’infrastructure informatique, ni peut-être même les fonds budgétaires pour l’honorer trois semaines plus tard ?
Ce naufrage est le symptôme d’une méthode de gouvernance où la promesse n’engage que ceux qui y croient.
Avec 20 dossiers traités au lieu de la vague annoncée, le ministère de la Fonction publique ne mérite pas la moyenne.

Ce 2/20 cinglant sanctionne une incapacité chronique à lier la parole aux actes.
À se cacher derrière des « bugs techniques », l’exécutif prend le risque de rallumer la mèche d’une grève qui, cette fois, ne devrait plus se faire endormir par de simples infographies.



