Annonces
Tendance

Justice : la machine à lenteurs

L’incident de l’aspersion d’essence au Tribunal de Libreville n’est que l’arbre qui cache la forêt. Derrière ce geste désespéré, le rapport de l’Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) dresse l’autopsie d’un système judiciaire sclérosé, devenu une véritable fabrique à frustrations.

Comment un tribunal peut-il pousser un justiciable à bout ? L’affaire Okomo Essono en est l’illustration parfaite.

Ce qui devait être une simple procédure d’annulation de vente foncière, initiée en novembre 2022, s’est transformé en un labyrinthe temporel inouï.

On parle de trois années d’attente et quatorze renvois successifs.

Une véritable stratégie de l’usure qui a presque exclusivement profité au défendeur, face à des magistrats impassibles.

Mais le cynisme institutionnel va plus loin. L’enquête révèle que la justice a prononcé la « radiation » du dossier.

Cette mesure, normalement conçue pour sanctionner un plaignant inactif, a été utilisée contre une requérante pourtant diligente.

Une aberration procédurale qui, selon les termes mêmes du rapport remis au ministre Augustin Emane, témoigne d’une grave « désinvolture » dans le traitement des dossiers.

Cet événement dramatique n’est donc pas un simple fait divers, mais le symptôme d’une justice paralysée par ses propres acteurs.

À force de banaliser l’attente et de tolérer les manœuvres dilatoires, le Tribunal de Libreville épuise. Et c’est l’État de droit tout entier qui en paie le prix.

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page