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Justice : les greffiers poursuivent la grève

Depuis ce lundi 2 mars 2026, l’ensemble des tribunaux gabonais est plongé dans la paralysie. En réponse à l’agression de plusieurs de leurs collègues, le Syndicat National des Greffiers (SYNAGREF) a lancé un mot d’ordre de « journées mortes » sur tout le territoire.

L’étincelle s’est produite le 25 février dernier, au greffe civil du tribunal de première instance de Libreville.

Une justiciable, excédée par les lenteurs d’une procédure et la « perte de son dossier » concernant l’annulation d’une vente de terrain, a aspergé des greffières de « pétrole » selon des témoins.

Un acte d’une extrême gravité, d’autant plus tragique que les victimes ne détenaient pas le dossier en question, celui-ci se trouvant alors entre les mains d’un magistrat du siège.

Face à cet incident qui aurait pu virer au drame, la réaction syndicale ne s’est pas fait attendre.

Réuni en Assemblée générale extraordinaire le 27 février, le SYNAGREF a pris la décision radicale de suspendre le travail.

Depuis ce matin, les services de greffe du pays observent des « journées mortes ».

Une machine judiciaire à l’arrêt

Si cet arrêt de travail vise d’abord à dénoncer l’insécurité chronique dans laquelle évoluent ces fonctionnaires, il rappelle que sans greffiers, les tribunaux ne peuvent tout simplement pas fonctionner.

Que ce soit dans les cabinets d’instruction, aux audiences civiles ou correctionnelles, ou encore au parquet, le greffier est omniprésent.

C’est lui qui authentifie les débats, garantit la traçabilité des procédures, consigne les décisions rendues et assure la gestion administrative des dossiers.

Conséquence immédiate de la grève, les audiences sont perturbées, les actes juridiques ne sont plus enregistrés et le traitement des infractions est suspendu.

Un appel direct au gouvernement

Le syndicat a d’ores et déjà saisi les chefs de juridictions ainsi que le ministre de la Justice pour alerter sur la gravité de la situation.

Au-delà du fait divers déclencheur, cette grève révèle l’extrême dépendance du système judiciaire à l’égard des greffes.

Aujourd’hui, c’est toute la chaîne judiciaire gabonaise qui se retrouve prise en otage par cette crise.

Ce mouvement d’humeur fait figure de véritable test pour la résilience du service public.

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