
Fils électriques pendants, bureaux vides et seulement quatre chaises pour cinquante agents. Au ministère de l’Agriculture, la vétusté des locaux est une atteinte quotidienne à la dignité des fonctionnaires. Pour satisfaire leurs besoins naturels, les agents sont contraints de payer pour utiliser les toilettes de la gare routière voisine.

Face à la camera de nos confrèresde Tv+ Afrique, Cyr Koumba Mba Essiane, agent du ministère, a brisé le silence pour dénoncer une « clochardisation » qui ne dit pas son nom.
4 chaises pour 50 agents

Dans un bureau censé accueillir une cinquantaine de fonctionnaires, le mobilier se résume quatre chaises. Un ratio absurde qui force la majorité du personnel à l’errance ou à l’absence forcée.
« Il faut s’imprégner des réalités », martèle l’agent, soulignant l’impossibilité matérielle de produire le moindre travail administratif dans un environnement où s’asseoir est déjà un luxe.
Mais au-delà du manque de matériel, c’est l’insalubrité qui choque.
Les murs portent les stigmates de l’abandon, et les installations électriques, à nu, témoignent d’un bâtiment à bout de souffle.
Le « budget toilettes » : 600 francs par jour

L’administration étant totalement dépourvue de sanitaires fonctionnels, les agents de l’État en sont réduits à expédier leurs besoins naturels à l’extérieur. Pour aller aux toilettes, un fonctionnaire doit se rendre à la gare routière.
« 200 francs de taxi pour l’aller, 200 francs pour le retour, et 200 francs pour le besoin », détaille froidement Koumba Mba Essiane.
Soit une dépense quotidienne de 600 FCFA, entièrement à la charge de l’agent, simplement pour conserver une hygiène de base.
Une dignité bafouée

Comment exiger performance et assiduité de la part de travailleurs dont les besoins physiologiques ne sont même pas pris en compte par leur employeur ?
Alors que les nouvelles autorités multiplient les visites inopinées pour contrôler la présence des agents à leur poste, cet appel de détresse résonne comme un avertissement.
Si des bureaux sont vides lors du passage du Chef de l’État, ce n’est peut-être pas toujours par fainéantise.
« Faudrait qu’il sache que certains agents se trouvent aux toilettes à la gare routière », conclut l’agent avec une ironie amère.



