Marché de Mont-Bouët : la limitation des horaires ravive la colère des commerçants

La décision de la mairie de Libreville de réinstaurer la fermeture du marché de Mont-Bouët à 17h30 continue de susciter de vives réactions. Dans un communiqué daté du 10 mars 2026, le maire, Pierre Matthieu Obame Etoughe, rappelle l’application stricte de l’arrêté de 2020 encadrant les horaires des marchés. Le texte interdit toute activité commerciale au-delà de l’heure fixée, sauf autorisation exceptionnelle, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la saisie des marchandises.
Sur le terrain, cette mesure est loin de faire consensus. Regroupés au sein de l’ONG Solidarité pour le Développement du Gabon (ONG-SDG) et du Syndicat des Débrouillards du Gabon (SDG), plusieurs commerçants dénoncent une décision jugée « précipitée » et déconnectée de leurs réalités économiques. Leurs représentants, Gabriel Steve Mve Ngomo et Alvaresse Beyeme Be Nguema, alias « Poutine », estiment que cette nouvelle restriction risque de fragiliser davantage leurs activités.
Selon eux, la tranche horaire visée correspond à un moment clé de la journée commerciale. C’est en effet à partir de la fin d’après-midi que de nombreux clients, notamment les fonctionnaires, affluent vers les marchés. « Fermer à 17h30 revient pratiquement à étouffer nos activités », soutiennent-ils, rappelant que l’ancien horaire de 18h30 était déjà jugé insuffisant pour assurer une rentabilité acceptable.
Au-delà de la question des horaires, les syndicats pointent également des pratiques qu’ils qualifient d’irrégulières. Ils accusent certains agents municipaux de prélever jusqu’à 2 000 FCFA par étal sans délivrer de justificatif, en contradiction, selon eux, avec la taxe officielle fixée à 500 FCFA. Une situation assimilée à un système de prélèvements informels, qui pénaliserait à la fois les commerçants et les finances publiques.
Face à ces tensions, les organisations syndicales envisagent des actions de protestation et n’excluent pas de saisir les plus hautes autorités de l’État, dont le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Elles appellent à l’ouverture d’un dialogue avec la municipalité afin de trouver un compromis adapté. Contactée, la direction des marchés de la mairie n’a pas donné suite aux sollicitations de la presse, laissant présager de possibles développements dans les jours à venir.



