
Fini le temps de l’apprentissage, place au « reporting » et aux indicateurs de performance. Au lendemain du premier Conseil des Ministres de l’année 2026, tenu hier au Palais Renovation du Bord de Mer, l’État doit désormais être géré avec la rigueur d’une multinationale. Entre notions de « contrats de performance » et de « livrables », le Général-Président Oligui Nguema opère un virage managérial brutal pour cette entrée dans la Ve République.

Le Palais transformé en Conseil d’Administration
Le vocabulaire politique traditionnel a été balayé au profit d’une sémantique technocratique et entrepreneuriale.
Le Chef de l’État exige de la « redevabilité » et du « pilotage stratégique ».
Dans ce qui s’apparente à un plan de restructuration d’entreprise, le Président a martelé trois piliers, que sont le pilotage, la redevabilité et culture du résultat.
L’objectif est de transformer une administration souvent jugée lourde et opaque en une machine à produire des « résultats visibles, mesurables et durables ».

30, 60, 100 jours : Le calendrier couperet
Ce qui frappe dans ce nouveau « management public » à la gabonaise, c’est l’introduction de délais stricts, assortis d’une pression temporelle inédite sur les membres du gouvernement.
Les ministres se voient imposer un calendrier digne d’une période d’essai dans le secteur privé.
Dans les 30 jours, chaque ministre devra remettre sa copie pour les « 100 premiers jours », identifiant les priorités immédiates.

Le mois suivant ils devront signer un « contrat de performance ministériel ».
Ce document, véritable innovation institutionnelle, devra comporter des indicateurs vérifiables alignés sur le Programme National de Croissance et de Développement (PNCD).
En clair, ceux qui ne tiendront pas la cadence ou dont les courbes de résultats ne décolleront pas s’exposent non plus à une disgrâce politique, mais à un licenciement pour « insuffisance de résultats ».

Le Vice-Président de la République et le Vice-Président du Gouvernement sont d’ailleurs désignés comme les « auditeurs » chargés de ce suivi rigoureux.
Le compte à rebours des 30 jours a commencé.



