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Oyem : Toujours pas de marché deux ans après

Lancé en grande pompe en décembre 2023 par Oligui Nguema, Président de la Transition à l’époque, le futur marché municipal de Ngouema devait être le symbole du renouveau économique du chef-lieu du Woleu-Ntem. Vingt quatre mois plus tard, le délai contractuel est échu, le bâtiment est inachevé et l’impatience gagne les populations.

Un projet ambitieux au point mort ?

Un complexe moderne R+1 destiné à sortir les commerçants de la précarité, intégrant pharmacie, poste de police, infirmerie et caserne de pompiers.

Si le gros œuvre est sorti de terre, comme en témoignent les structures en béton qui surplombent les barrières bleues du chantier, les finitions se font attendre.

Le délai d’exécution fixé à 12 mois est désormais largement dépassé. Une situation qui alimente la grogne sur les réseaux sociaux et dans les « maquis » d’Oyem.

La question qui revient sur toutes les lèvres est financière, « où sont passés les 7 milliards ? ». Une interrogation légitime, bien que fondée sur une confusion fréquente.

Cette somme correspondait à l’enveloppe globale allouée aux projets prioritaires de la province, et non au coût unique de cet édifice.

Le grain de sable dans la machine

Si la rumeur publique s’oriente vers la gestion des fonds, des voix s’élèvent pour pointer du doigt des contraintes techniques majeures qui paralysent le BTP dans le septentrion.

Selon plusieurs sources proches du dossier et des échanges vifs entre observateurs locaux, l’entreprise adjudicataire ferait face à une pénurie de matériaux.

La carrière d’Endome, fournisseur historique de gravier, rencontrerait des problèmes opérationnels, tandis que l’extraction de sable à Ndava’a serait rendue quasi impossible par les conditions météorologiques et l’état des pistes en saison des pluies.

La rançon du succès ?

Paradoxalement, le marché de Ngouema pourrait être victime du dynamisme actuel de la ville.

« Avec tout ce qu’il y a comme chantiers dans la ville d’Oyem, le sable ne sort pas assez vite », explique Furmin, oyémois.

La multiplication simultanée des projets lancés par le CTRI (voiries, bâtiments administratifs) a créé une demande qui excède l’offre locale de matériaux.

Un défaut d’anticipation

Pour les critiques, ces aléas ne sont pas des excuses valables.

« Avant de fixer un délai de 12 mois, l’entreprise étudie chaque détail. Elle savait dans quoi elle se lançait », s’indigne un riverain.

Face à ce retard, le silence des autorités locales et de l’entreprise ne fait qu’accroître la suspicion.

Si les difficultés logistiques sont avérées, une communication transparente sur le nouveau calendrier de livraison permettrait sans doute d’apaiser les tensions.

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