Politique

PDG : Ali Bongo lance un ultimatum et ouvre un bras de fer judiciaire

Ali Bongo Ondimba passe à l’offensive. Dans un document juridique daté du 20 février 2026, l’ancien chef de l’État met formellement en demeure l’actuelle direction du Parti Démocratique Gabonais (PDG) de quitter ses fonctions sous quinzaine, faute de quoi il promet d’engager des poursuites pénales et civiles. Au-delà d’un simple différend interne, c’est la bataille pour le contrôle et la légitimité du parti qui s’intensifie.

Dans sa correspondance, Ali Bongo conteste frontalement la légitimité du directoire installé après la transition politique. Il considère comme juridiquement nul le congrès de janvier 2025 ayant entériné la nouvelle direction et parle d’« usurpation » concernant les décisions prises depuis mars 2024. À ses yeux, les procédures de convocation et les bases statutaires invoquées seraient entachées d’irrégularités majeures.

Les personnalités visées,dont Blaise Louembé et Angélique Ngoma, sont sommées de restituer les attributs de direction du parti et de cesser toute action au nom du PDG. L’ancien président se présente toujours comme le dirigeant légal de la formation.

Accusations de sabotage électoral

Mais le cœur de l’attaque dépasse la question statutaire. Ali Bongo reproche à l’équipe actuelle d’avoir affaibli volontairement le parti lors des législatives et locales de 2025. Il évoque un retrait stratégique de recours constitutionnels et des arrangements politiques qui auraient favorisé des adversaires, notamment l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), au détriment des candidats estampillés PDG.

Dans son argumentaire, il dénonce des choix dictés par des intérêts individuels et non par la défense de la ligne politique du parti. Il parle d’un affaiblissement financier et stratégique, allant jusqu’à évoquer une « mise en danger » de la survie même de la formation.

Une attaque politique ciblée

L’ancien chef de l’État va plus loin en accusant certains responsables d’alignement excessif sur le pouvoir en place, dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema. Il évoque une « intelligence avec l’adversaire » et une perte d’autonomie politique, des termes lourds de sens dans le contexte gabonais.

Ces accusations traduisent une fracture profonde : celle d’un parti historiquement dominant, aujourd’hui traversé par des lignes de fracture entre fidélité à l’ancien leadership et repositionnement stratégique dans un nouvel environnement institutionnel.

Un compte à rebours enclenché

L’ultimatum est clair : quinze jours pour démissionner et restituer l’ensemble des biens et documents du parti. À défaut, Ali Bongo annonce des actions en justice pour usurpation de fonction, abus de confiance et autres infractions pénales, ainsi que des procédures civiles visant à faire annuler toutes les décisions prises depuis la transition interne contestée.

Cette séquence marque une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique gabonais. L’issue de ce bras de fer pourrait redéfinir non seulement l’avenir du PDG, mais aussi l’équilibre des forces dans un pays encore en pleine mutation institutionnelle.

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