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Presse : Des journalistes tous pourris ?

Jeudi soir, le Lab de l’Institut Français du Gabon a affiché complet pour un débat aux allures d’électrochoc : « Journalistes, tous pourris ? ». Loin de l’anecdote, cette provocation assumée a mis en lumière une profession tiraillée entre précarité économique, pollution numérique et l’urgence de se réinventer.

L’affiche avait de quoi faire grincer des dents, mais elle a eu le mérite de briser la glace.

Ce jeudi 26 mars, à l’initiative de l’Institut Français et de l’ONG Média & Démocratie, les acteurs du paysage médiatique gabonais se sont regardés dans le miroir.

Désiré Ename, représentant de Média & Démocratie, a d’emblée posé un diagnostic sans concession.

La rupture de confiance entre le public et la presse est une réalité tangible. Une crise profonde que les journalistes ne peuvent plus esquiver.

Le « Gombo » et la loi de la survie

Au cœur des échanges, la réalité économique des rédactions a rapidement rattrapé les grands principes.

La précarité qui frappe la profession en Afrique transforme de fait les reporters en proies faciles.

Les fameux « frais de couverture », le « gombo », ou la dépendance financière ne sont finalement que les symptômes d’entreprises de presse incapables de garantir un salaire décent à leurs employés.

Un terreau fertile pour toutes les dérives éthiques, qui finit par valider aux yeux du public la cruelle généralité du « tous pourris ».

Sauver « l’écologie de l’information »

Mais l’argent n’est plus le seul ennemi du journaliste. Le débat a mis en exergue une nouvelle la pollution de l’espace public.

Une inquiétude vivement partagée par l’Ambassadeur de France, présent lors de la conférence, qui a alerté l’assemblée sur le fléau de la pollution numérique et la propagation fulgurante des « Fake News ».

Aujourd’hui, l’écologie de l’information est menacée par la confusion grandissante entre professionnels de l’information, influenceurs en quête de clics, et pseudo-lanceurs d’alerte spécialisés dans le « kongossa numérique » et les règlements de comptes.

Face à la dictature du buzz et de l’immédiateté, le temps long, minutieux et rigoureux de l’enquête journalistique peine à se faire entendre.

L’IA et la Loi comme boucliers

Face à ce péril, la riposte s’organise. Les nouvelles technologies, et particulièrement l’Intelligence Artificielle générative, s’imposent désormais comme des alliées de poids pour les journalistes de données.

Ces outils permettent aujourd’hui de traquer la désinformation et de démasquer les vendeurs d’illusions avec une efficacité redoutable. Cependant, la technologie ne peut se substituer au cadre légal.

C’est le message de fermeté porté par le Ministre de la Communication lors des échanges.

Ce dernier a lourdement insisté sur la responsabilité des acteurs du web et sur le respect strict de la loi.

Un appel à la rigueur qui exige, en retour, une plus grande transparence de l’État pour faciliter l’accès des journalistes aux informations publiques.

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