
Lancé en grande pompe en novembre 2024, le chantier de la route Ndendé-Doussala fait aujourd’hui face à un retard abyssal. Avec seulement 27 % de réalisation à quelques mois de la date de livraison, les récentes promesses d’un achèvement dans les temps relèvent de la pensée magique.

C’est un constat de terrain qui a dû donner des sueurs froides à Edgard Moukoumbi, le Ministre des Travaux Publics.
Yvon Fabrice Mombo, son Directeur de Cabinet, accompagné du Dr Léandre Bassolé, représentant de la Banque Africaine de Développement (BAD), se sont rendus sur l’axe Ndendé-Doussala.
L’objectif était d’évaluer l’avancement de ce tronçon de 49 kilomètres.

Le verdict, lui, est sans appel, le chantier est au point mort, ou presque. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et ont de quoi laisser perplexe.
Alors que les travaux de ce segment crucial de la Transafricaine ont démarré il y a près d’un an et demi, soit en novembre 2024, l’avancement physique culmine à un maigre 27 %.
Pourtant, le calendrier officiel maintient une livraison pour la fin de cette année.

L’équation semble mathématiquement impossible. Comment l’entreprise adjudicataire pourrait-elle réaliser les 73 % restants en moins de dix mois, alors qu’elle a peiné à en faire le tiers en seize mois ?
Face à ce fiasco en devenir, le Ministère des Travaux Publics et la BAD, bailleur de fonds du projet, n’ont pas caché leur « vive irritation ».
L’entreprise a été sommée de revoir sa copie et de réorganiser son plan de travail en urgence pour coller au cahier des charges.

Par ailleurs, Yvon Fabrice Mombo a annoncé que le Ministre de tutelle, Edgard Moukoumbi, convoquera sous peu une « réunion de recadrage » avec toutes les parties prenantes.
Ce projet, présenté comme cher au Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, semble aujourd’hui embourbé dans les retards chroniques qui frappent trop souvent les infrastructures publiques.
Des « mesures immédiates » seront prises, assure-t-on du côté du Ministère.

Reste à savoir si quelques réunions de recadrage suffiront à rattraper des mois d’inaction et à faire sortir du sol les 35 kilomètres de route manquants.
À ce stade, espérer couper le ruban d’ici la fin de l’année 2026 ne relève plus de la planification, mais du miracle.



