Société

Santé : 52 000 Gabonais vivent avec le VIH

À Libreville, les acteurs de la riposte nationale se sont réunis au siège du Programme national de lutte contre les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et le VIH/Sida pour valider les données 2025 sur les IST et le VIH. Un exercice stratégique : derrière les statistiques se dessinent les priorités sanitaires et les conditions d’accès aux financements internationaux.

Le chiffre interpelle : selon ONUSIDA, 52 000 personnes vivent avec le VIH au Gabon en 2024. La prévalence est passée de 8 % en 2009 à 3,6 % aujourd’hui, traduisant un recul significatif de l’épidémie en quinze ans.

Une cascade de soins encore inachevée

Parmi les personnes vivant avec le VIH, 77 % connaissent leur statut sérologique. Environ un quart ignore donc toujours son infection. Sur les 52 000 personnes concernées, 33 416 sont sous traitement antirétroviral, soit une couverture de 64 %.

La surveillance biologique demeure limitée : 7 043 tests de charge virale ont été réalisés, dont 74 % révèlent une charge virale contrôlée. Ces données montrent une progression, mais elles restent éloignées de la cible internationale « 95-95-95 ».

Femmes, hommes, enfants : des écarts persistants

La prévention de la transmission mère-enfant affiche des résultats encourageants : 95 % des femmes enceintes ont été dépistées. Toutefois, la transmission mère-enfant demeure à 11 % et la couverture en traitement chez les femmes enceintes et allaitantes atteint 72 %.

Les hommes recourent moins au dépistage, tandis que la situation des enfants est préoccupante : seuls 26 % des moins de 15 ans connaissent leur statut et 21 % sont sous traitement. Le maintien sous ARV à 12 mois plafonne à 69 %, révélant des difficultés d’adhésion thérapeutique.

Transformer les chiffres en contrôle durable

Au-delà des statistiques, l’enjeu reste structurel : améliorer le dépistage, élargir l’accès au traitement, renforcer le suivi biologique et consolider l’accompagnement des patients.

Les progrès sont réels. Mais tant que des milliers de personnes échappent au dépistage ou interrompent leur traitement, l’épidémie demeure une réalité active. Le défi des prochaines années sera de transformer les avancées numériques en un contrôle effectif et durable du VIH au Gabon.

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page