Critiques

Santé : Suspension des soins gratuits au SAMU social

La décision du Samu Social Gabonais de suspendre provisoirement ses soins gratuits plonge de nombreux malades dans l’incertitude et révèle, une fois de plus, la fragilité du filet social sanitaire au Gabon. Annoncée pour permettre un inventaire des ressources humaines et matérielles, cette mesure intervient dans un contexte où des milliers de patients dépendent quotidiennement de cette structure pour survivre.

Chaque jour, près de 2 500 personnes bénéficiaient de ses services, notamment les urgences à domicile, les soins néonataux, les hospitalisations et les interventions chirurgicales gratuites. Pour les familles démunies de Libreville et de l’intérieur du pays, ces prestations représentaient souvent l’unique possibilité d’accès aux soins.

Une rupture brutale pour les patients vulnérables
La suspension des consultations et des interventions gratuites expose directement les malades chroniques, les nouveau-nés en situation critique et les personnes âgées à des risques majeurs.

Les soins en couveuse, les opérations de cataracte ou encore les urgences à domicile permettaient d’éviter des décès évitables. Leur interruption pourrait entraîner une aggravation rapide de pathologies déjà précaires.

Pour de nombreuses familles vivant sous le seuil de pauvreté, se tourner vers des structures privées est tout simplement impossible. Quant aux hôpitaux publics, déjà saturés, ils pourraient subir une pression supplémentaire difficilement soutenable.

Un risque d’engorgement du système hospitalier
En redirigeant les patients vers les structures publiques et privées, cette suspension risque d’accentuer l’engorgement des centres hospitaliers. Les délais de prise en charge pourraient s’allonger, compromettant la rapidité d’intervention qui faisait la force du Samu Social.
Les populations des quartiers périphériques et des zones enclavées seront les premières touchées, faute de moyens de transport et de ressources financières.


Une alerte sur la pérennité du modèle social
Au-delà de l’urgence, cette situation soulève une question fondamentale : celle de la durabilité du modèle basé sur la gratuité des soins. Si le Samu Social s’est imposé comme un pilier du dispositif d’urgence pour les plus démunis, son fonctionnement reste tributaire de ressources limitées.

Cette suspension agit comme un signal d’alarme pour les pouvoirs publics et les partenaires sociaux. Sans mécanismes de financement durables et un renforcement structurel du système de santé, les populations vulnérables continueront de payer le prix des défaillances institutionnelles.


Entre espoir et inquiétude, les responsables de la structure assurent que cette suspension est temporaire. Mais pour les patients dépendants de cette assistance vitale, chaque jour sans soins représente une épreuve.

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