
Le rituel de l’obscurité reprend ses droits. Ce dimanche 29 mars, une vaste partie de Libreville et la commune d’Akanda seront plongées dans un long silence énergétique. Neuf heures de coupure totale, de 06h00 à 15h00, pour des travaux dits « stratégiques ».

La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) a en effet confirmé la mise à l’arrêt des postes sources d’Ambowé et d’Angondjé afin d’intervenir sur la ligne haute tension 90 kV reliant Bisségué à Ambowé.
Pour les habitants d’Akanda et des quartiers nord de la capitale, ce dimanche de repos se transformera en une épreuve d’endurance sous la chaleur tropicale, sans ventilateurs ni climatisation.
Les petits commerçants et les familles craignent déjà pour la conservation des denrées périssables.

Pendant ce temps le silence des appareils électriques soulignera, une fois de plus, la fragilité d’un quotidien suspendu au bon vouloir d’un réseau vieillissant.
Cette énième opération de maintenance est présentée par l’entreprise comme un mal nécessaire pour garantir une « meilleure fiabilité » à long terme.
Pourtant, pour de nombreux usagers, ces promesses de jours meilleurs ont un goût amer de déjà-vu.

Derrière le jargon technique des « réparations de défauts » et du « traitement des incidents sur le câble 90 kV », se cache la réalité d’une infrastructure à bout de souffle que les interventions chirurgicales du week-end peinent à stabiliser durablement.
Si la SEEG assure que ses équipes travailleront à un rythme soutenu pour limiter l’ampleur du désagrément, le mal est déjà fait.
Les excuses d’usage formulées dans le communiqué de presse ne sont, pour les abonnés, qu’une faible lueur d’espoir dans l’obscurité annoncée d’un dimanche sans âme.



