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UNIFFAC U17 : le Gabon troisième, que retenir de cette compétition ?

Ce vendredi 27 février 2026, au stade Tata Raphaël de Kinshasa, les Panthères U17 ont terminé leur tournoi sur une note positive en dominant la Centrafrique (3-0) lors de la troisième et dernière journée de l’UNIFFAC qualificatif pour la CAN U17. Une victoire nette, propre, presque rassurante. Mais derrière le score flatteur, une réalité s’impose : le Gabon ne verra pas la prochaine Coupe d’Afrique des nations U17. Alors oui, l’honneur est sauf. Mais l’objectif, lui, est manqué. Et à ce niveau, peut-on vraiment se satisfaire d’un simple baroud d’honneur ? L’heure du bilan a sonné. Et il ne sera pas tendre.

Une victoire pour sauver la face, pas la trajectoire

Face à la Centrafrique, les poulains du coach Ngoma ont montré un visage séduisant : intensité, efficacité, sérieux. Trois buts, zéro encaissé. Sur le papier, tout y est. Cependant, cette performance arrive trop tard. Avant cela, les jeunes Panthères ont subi deux revers cinglants : 5-1 contre le Cameroun, puis 3-1 face à la RDC. Huit buts encaissés en deux rencontres face aux poids lourds de la sous-région. Le constat est brutal.

Alors, que révèle réellement ce tournoi ?

D’abord, un écart de niveau flagrant face aux nations structurées. Ensuite, une équipe capable d’éclairs, mais incapable de constance. Enfin, une préparation qui interroge. Car à 17 ans, on ne construit pas une équipe en quinze jours. On révèle un système. Et à Kinshasa, le système gabonais a surtout révélé ses fissures.

Certes, battre la Centrafrique permet de finir sur une bonne note. Mais une bonne note en fin de copie ne rattrape pas un devoir mal préparé.

La question est simple : pourquoi le Gabon performe-t-il toujours “pour finir” ?

Trop d’attaquants, pas assez d’équilibre : un déséquilibre structurel

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 5 buts marqués, 8 encaissés. Un goal-average négatif. Et pourtant, neuf attaquants sélectionnés sur une liste de 21 joueurs pour seulement trois milieux de terrain.

À ce niveau de compétition, est-ce une audace tactique ou un pari risqué devenu erreur stratégique ?

Le football moderne repose sur l’équilibre. Or, sans maîtrise du milieu, l’attaque devient stérile et la défense vulnérable. Les Panthères ont souvent manqué de liant, de maîtrise, de capacité à contrôler le tempo. Résultat : beaucoup d’atouts offensifs, mais peu de réalisme décisif.

Le talent est là, personne ne le nie. Mais le talent sans efficacité, c’est un feu d’artifice sans mèche : spectaculaire mais imprévisible.

Plus largement, ce tournoi met en lumière un problème récurrent : absence de compétitions régulières par catégories, détection limitée, manque de continuité entre clubs, ligues et sélection nationale. Comment rivaliser avec des sélections qui travaillent leurs générations sur plusieurs années ?

À force de bricoler, on finit par se faire démonter.

L’objectif était clair : se qualifier pour le tour suivant. Il n’a pas été atteint. Et dans le sport de haut niveau, les intentions ne comptent pas, seuls les résultats restent.

Un signal d’alarme, pas une fatalité

Cette troisième place n’est pas une catastrophe nationale. Mais elle est un avertissement. Si le Gabon ne veut pas que ses sélections jeunes répètent éternellement le même scénario, débuts difficiles, espoirs déçus, victoire symbolique pour clôturer, il faut repenser le modèle. Investir tôt. Structurer durablement. Former des encadreurs. Multiplier les compétitions de jeunes.

Car à 17 ans, on ne “fabrique” pas une équipe en urgence. On récolte le travail de plusieurs saisons.

Alors, allons-nous encore analyser ou enfin réorganiser ?

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