
À la Place des Fêtes de Libreville, des jeunes originaires du département de l’Ogoulou ont entamé une grève de la faim. Sans eau ni nourriture depuis mardi, ils réclament un tête-à-tête avec le Chef de l’État pour dénoncer l’abandon de leur localité.

Le décor est aussi solennel que tragique. Face à l’océan, sur l’esplanade de la Place des Fêtes, des visages marqués par la fatigue et la détermination interpellent les passants.
Ces jeunes ne sont pas des sans-abris de passage, mais se veulent les porte-voix de l’Ogoulou-Mimongo.
Le développement ou la mort

« Nous ne bougerons pas tant que le Président de la République n’acceptera pas de nous recevoir », martèle l’un des leaders du mouvement.
Leur objectif est de remettre en main propre au Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema un mémorandum détaillant les maux qui minent leur département.
Enclavement sévère au pied du massif du Chaillu, absence d’activités économiques, manque d’infrastructures de base…
Pour ces fils de Mimongo, la coupe est pleine. Ils ne veulent plus de promesses, ils veulent du concret.
Une rupture avec les élites locales

Au-delà des revendications matérielles, cette action met en lumière un divorce profond entre la base et le sommet. Les grévistes ne font plus confiance aux relais politiques habituels.
Ils souhaitent exprimer « de vive voix » leur ressenti sur l’efficacité, ou plutôt l’inefficacité de ceux qui sont censés porter la politique du développement dans l’Ogoulou



