
Seize ans après la dernière évaluation, les résultats de l’Enquête Nationale surl’Emploi et le Chômage (ENEC 2024) révèlent une situation alarmante. Les femmes sont les premières victimes de l’exclusion professionnelle au Gabon.

Selon les données récoltées auprès de 3 400 ménages avec l’appui de la Banque Mondiale, le chômage au Gabon a un visage majoritairement féminin.
Les femmes représentent désormais près de 60 % des demandeurs d’emploi dans le pays, avec un taux de chômage culminant à 21,4 %, bien au-delà de la moyenne nationale.
L’un des enseignements les plus inquiétants de cette enquête concernel’inefficacité croissante des diplômes sur le marché actuel.
Aujourd’hui, 33 % des femmes issues de l’enseignement supérieur sont sans emploi.

Ce chiffre met en lumière une déconnexion profonde entre les formations universitaires et les besoins réels des entreprises.
Cette difficulté d’insertion condamne les femmes à attendre en moyenne, 3,8 ans avant de trouver un poste. Une précarité de longue durée qui les pousse inexorablement vers le secteur informel.
Faute de débouchés dans le circuit classique, plus d’une femme sur deux seréfugie dans des activités de subsistance.
Si ce secteur permet de survivre, iloffre peu de garanties. 86,5 % de ces emplois ne sont pas déclarés à la CNSS,privant ces travailleuses de toute protection sociale ou retraite future.


