Politique

Réorganisation de la HAC : devant les députés, Germain Biahodjow défend un encadrement accru du numérique

Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a présenté ce jeudi devant les députés de la 14e législature le projet de loi relatif à la réorganisation de la Haute Autorité de la Communication (HAC), dans un contexte marqué par les débats autour de la régulation des réseaux sociaux et des libertés numériques au Gabon.

Selon un communiqué de l’Assemblée Nationale, le membre du gouvernement est venu défendre le texte portant ratification de l’ordonnance modifiant certaines dispositions de la loi n°014/2023 du 3 juillet 2023. Cette réforme vise principalement à élargir les compétences de la HAC afin de lui permettre de mieux encadrer les nouveaux espaces de diffusion de l’information, notamment les plateformes numériques, les moteurs de recherche, les services de messagerie accessibles au public ainsi que les plateformes de partage de contenus.

Face aux parlementaires, Germain Biahodjow a insisté sur la transformation rapide du paysage médiatique sous l’effet du numérique. Selon lui, l’explosion des réseaux sociaux et des outils digitaux a profondément modifié la manière dont l’information est produite, relayée et consommée, créant de nouveaux défis pour les autorités de régulation.

« L’essor rapide des technologies numériques, des plateformes en ligne et des réseaux sociaux a profondément transformé les modes de production, de diffusion et de consommation de l’information », a expliqué le ministre, évoquant notamment les problématiques liées à la désinformation, aux contenus jugés illicites, à la protection des publics vulnérables et au maintien de l’ordre public dans l’espace numérique. Dans son intervention, le membre du gouvernement a également reconnu les insuffisances du dispositif juridique actuel, estimant que les textes en vigueur ne permettent plus de répondre efficacement aux réalités imposées par l’évolution des usages numériques.

Cette réforme, soutient le gouvernement, ne viserait toutefois pas à remettre en cause les libertés fondamentales. Germain Biahodjow a tenu à rassurer les députés sur le fait que le futur dispositif chercherait à établir un équilibre entre liberté d’expression, droit à l’information et responsabilité des acteurs évoluant dans l’espace numérique. Mais au-delà du volet institutionnel, cette audition intervient dans un climat particulièrement sensible, alors que la suspension de l’accès aux réseaux sociaux continue d’alimenter interrogations et critiques au sein de l’opinion publique. Sur cette question, le ministre a évoqué une levée progressive des restrictions sans avancer de calendrier précis. Selon le communiqué parlementaire, davantage d’explications devraient être apportées lors d’une prochaine audition prévue mardi prochain, essentiellement consacrée à cette problématique devenue centrale dans le débat public gabonais.

Pour plusieurs observateurs, cette réforme de la HAC pourrait redéfinir durablement les rapports entre l’État, les médias et les plateformes numériques au Gabon. Reste désormais à savoir jusqu’où ira cette volonté de régulation et quelles garanties concrètes seront apportées pour préserver les libertés publiques dans un environnement numérique de plus en plus surveillé.

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