Parafiscalité au Gabon : face aux dérives dénoncées, Oligui Nguema engage une réforme de rupture

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé mercredi 20 mai à Libreville une vaste réforme du système de prélèvements parafiscaux et des contrôles administratifs appliqués aux opérateurs économiques. Réunis autour du chef de l’État, les directeurs généraux et responsables financiers des administrations concernées ont été appelés à mettre fin à un fonctionnement jugé coûteux, opaque et pénalisant pour l’activité économique.
Au cours de cette rencontre, le président gabonais a dénoncé la multiplication des taxes et contrôles exercés par différentes structures publiques sur les mêmes activités commerciales. Selon les chiffres évoqués durant les échanges, plusieurs dizaines de prélèvements parafiscaux coexistent actuellement, tandis que certains opérateurs économiques peuvent subir de nombreuses inspections au cours d’une même année pour des missions similaires.
Pour le chef de l’État, cette situation favorise des dérives administratives, alourdit les charges des entreprises et nuit à la compétitivité du marché gabonais. Il a notamment pointé l’existence de prélèvements insuffisamment encadrés, parfois appliqués sans mécanisme clair de traçabilité ou de centralisation des recettes publiques.
Une centralisation des recettes publiques annoncée
Face à ce constat, plusieurs orientations ont été arrêtées. La première concerne la transparence fiscale et budgétaire. Désormais, toute taxe ou redevance destinée à être perçue devra être adossée à une base légale clairement identifiée dans la loi de finances. Les prélèvements ne répondant pas à ce cadre devront être suspendus.
Autre mesure majeure : la centralisation du recouvrement des recettes publiques. Le Trésor public deviendrait l’unique structure chargée de collecter les recettes de l’État, afin d’améliorer la traçabilité des fonds et de limiter les circuits parallèles de perception.
Le président de la République a également insisté sur la nécessité de rationaliser les missions de contrôle exercées par les administrations publiques. L’objectif affiché est de mettre fin aux chevauchements de compétences, qui entraînent des contrôles multiples sur les mêmes opérateurs ou les mêmes marchandises.
Dans cette logique, un mécanisme unique de coordination devrait être mis en place pour regrouper les agents concernés par les missions de contrôle, sans suppression annoncée de postes ni remise en cause des statuts administratifs existants.
Des délais fixés pour mesurer les résultats
Le chef de l’État a assorti cette réforme d’un calendrier précis. Dans un délai de douze mois, un bilan des recettes effectivement reversées au Trésor public depuis l’application des nouvelles mesures devrait être présenté. Une manière, selon les autorités, d’inscrire cette réforme dans une logique de redevabilité et d’évaluation publique.
À plus long terme, l’exécutif ambitionne de simplifier considérablement les démarches imposées aux commerçants et aux entreprises. L’objectif annoncé est qu’à terme, un opérateur économique ne soit plus confronté à une multiplication d’interlocuteurs administratifs pour une même activité.
Réduire les coûts pour les entreprises et les consommateurs
Au-delà de l’aspect administratif, les autorités présentent cette réforme comme un levier économique. Les multiples taxes, inspections et procédures actuellement appliquées génèrent des coûts supplémentaires pour les entreprises, souvent répercutés sur les prix des biens et services.
En réduisant les doublons administratifs et en clarifiant les mécanismes de perception, le gouvernement espère améliorer le climat des affaires, encourager l’investissement et renforcer l’attractivité économique du Gabon. À travers cette réforme, les autorités veulent également envoyer un signal de rigueur budgétaire et de transparence aux partenaires économiques et financiers du pays, dans le cadre des orientations annoncées pour la mise en œuvre de la Ve République.



