Conseil des ministres du 22 mai : rigueur budgétaire, virage numérique et retour diplomatique du Gabon

Réuni ce vendredi 22 mai 2026 au Palais de la Présidence, sous l’autorité du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a marqué une étape importante des cent premiers jours du nouveau gouvernement. Entre ajustement budgétaire, réformes structurelles et ambitions numériques, l’exécutif a affiché sa volonté de conjuguer discipline économique, modernisation de l’État et repositionnement du Gabon sur la scène africaine.
Le principal dossier examiné concernait le projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Le gouvernement a revu à la baisse le budget de l’État, désormais équilibré à 5 495,2 milliards de FCFA contre 6 358,2 milliards dans la loi de finances initiale, soit une réduction de près de 863 milliards de FCFA.Cette révision intervient dans un contexte marqué par les recommandations formulées par le Fonds Monétaire International (FMI), la CEMAC et les partenaires techniques et financiers du Gabon. L’objectif affiché est double : restaurer la crédibilité budgétaire du pays tout en préservant les investissements jugés prioritaires.
La croissance économique est désormais projetée à 4 % contre 6,5 % initialement attendus, avec un dynamisme essentiellement porté par les secteurs hors pétrole. Malgré une hausse des prévisions pétrolières et minières, plusieurs indicateurs industriels et agricoles sont orientés à la baisse, notamment dans le bois transformé, l’huile de palme et le caoutchouc.
Le chef de l’État a demandé au gouvernement de renforcer la mobilisation des recettes sans accroître la pression fiscale sur les entreprises. Il a notamment insisté sur la nécessité de digitaliser les mécanismes de collecte, de rationaliser les taxes parafiscales et de mettre fin à la multiplicité des organes de prélèvement.
L’État serre la vis sur les dépenses publiques
Dans le prolongement de cette volonté de rationalisation, le président de la République a instruit le ministre de l’Économie de mettre en place un cadre juridique plafonnant les rémunérations des dirigeants des établissements publics, des sociétés d’État et des sociétés d’économie mixte. Une mesure destinée à contenir l’expansion de la masse salariale publique et à réduire certaines dépenses jugées excessives.
Le Conseil a également insisté sur l’accélération de la réforme de l’État. Le président a rappelé que les engagements issus du Dialogue National Inclusif doivent demeurer la feuille de route de la refondation institutionnelle et administrative du pays.
Dans le domaine de la lutte contre la corruption, un projet de loi modifiant le régime de prévention et de répression de l’enrichissement illicite a été adopté. Le texte prévoit notamment une réduction des délais de déclaration des biens, une harmonisation des obligations liées aux candidatures électorales et un durcissement des sanctions en cas de non-déclaration.
Autre dossier sensible évoqué : celui de Postebank. Le gouvernement reconnaît que le remboursement des épargnants constitue un enjeu majeur de crédibilité pour l’État et a demandé aux ministres concernés d’apporter rapidement une solution adaptée.
Le numérique s’impose comme un axe stratégique
Le Conseil des ministres a également consacré une place importante à la transformation numérique du pays. Plusieurs textes ont été adoptés afin de structurer l’écosystème technologique national.
Le gouvernement a notamment validé la création de la Direction Générale des Technologies Émergentes (DGTE), une nouvelle entité chargée de piloter les politiques publiques liées à la digitalisation, à l’innovation technologique et à l’usage responsable de l’intelligence artificielle au Gabon.
Un décret relatif à la promotion et à la labellisation des startups a également été adopté afin d’encadrer et d’accompagner l’émergence des jeunes entreprises innovantes gabonaises. Dans la même dynamique, le Conseil a approuvé l’extension du Backbone national gabonais dans le cadre du projet Gabon Fiber, via un partenariat public-privé concessif. Le gouvernement entend ainsi renforcer les infrastructures numériques du pays et mieux encadrer les projets de digitalisation des administrations publiques.
Barrages, PME et logement social au programme
Sur le plan énergétique, le gouvernement a donné son accord pour la construction des barrages hydroélectriques d’Irouba et d’Egoumbi avec la société Hydronéo. Ces infrastructures devraient injecter 54,5 MW supplémentaires dans le réseau interconnecté du Sud et contribuer à réduire le déficit énergétique dans plusieurs localités.
Le président de la République a également annoncé plusieurs initiatives en faveur du logement social, du soutien aux PME gabonaises et de la mobilité urbaine. Les petites et moyennes entreprises nationales devraient notamment être prioritaires dans les futurs mécanismes de financement liés aux projets immobiliers conduits avec la Société Nationale Immobilière (SNI).
Un Gabon plus présent sur la scène africaine
Le Conseil est enfin revenu sur la récente tournée africaine du président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui l’a conduit en Angola, à Djibouti, au Kenya et au Rwanda. Ces déplacements ont permis au Gabon de renforcer ses partenariats diplomatiques, sécuritaires et économiques, mais aussi de promouvoir ses opportunités d’investissement auprès des acteurs internationaux.
Le gouvernement s’est également félicité de la tenue à Libreville de la 17e Retraite de haut niveau de l’Union africaine sur la paix et la sécurité, considérée comme un symbole du retour du Gabon dans les grandes rencontres diplomatiques continentales.



