Annonces
Tendance

Éducation Nationale : S.O.S Éducation, le collectif qui menace l’establishment

Un vent de fronde souffle sur le système éducatif gabonais. Un nouvel acteur, le « Collectif S.O.S Éducation », a fait une entrée fracassante sur la scène syndicale. L’organisation menace de déclencher une grève générale illimitée si ses revendications ne sont pas entendues.

C’est un véritable « cri du cœur » qui a résonné aux quatre coins du pays le samedi 6 décembre dernier.

Des centaines d’enseignants se sont mobilisés simultanément dans les neuf provinces du Gabon, de l’école publique Martine Oulabou à Libreville jusqu’aux différentes Directions d’académies provinciales.

L’objectif était de marquer la naissance d’un mouvement qui se veut en rupture totale avec les syndicats traditionnels et porter la voix d’une base « épuisée par des décennies de promesses non tenues ».

Enseignants à la Direction Provinciale du Haut-Ogooué

Au cœur de la colère, la dégradation continue des conditions de travail et une précarité grandissante.

Le collectif dépeint une réalité sombre faite de « classes surchargées, insalubrité des établissements, situations administratives bloquées, rappels de solde impayés » et une « absence de prise en charge médicale ».

« L’enseignant gabonais demeure un travailleur précaire, souvent privé de dignité », a lancé une porte-parole.

Un cahier de charges en 16 points et une menace de grèvePour sortir de l’impasse, le « Collectif S.O.S Éducation » a présenté un cahier de charges dense, articulé en 16 revendications majeures.

Celles-ci incluent la régularisation immédiate de toutes les situations administratives, le paiement intégral des rappels de soldes, l’affectation immédiate des enseignants sortis des écoles de formation et des mesures sociales fortes comme la mise en place d’une mutuelle santé.

Face à ce qu’ils qualifient « d’immobilisme » des autorités et de « silence amer et complice des syndicats censés défendre nos intérêts », les membres du collectif ont décidé de passer à la vitesse supérieure.

Enseignants à la Direction Provinciale du Moyen-Ogooué

Si aucune discussion n’est engagée avec la tutelle sous huit jours, le collectif menace de déclencher une grève générale qui paralyserait l’ensemble du système éducatif sur toute l’étendue du territoire national.

Une rupture avec les syndicats traditionnelsCe mouvement se distingue par sa défiance ouverte envers les organisations syndicales existantes.

Le collectif dénonce une « rupture profonde » avec les leaders traditionnels, accusés de mener des « négociations opaques » et d’être déconnectés des préoccupations de la base.

Enseignants à la Direction Provinciale de la Nyanga

Pour garantir la transparence, « S.O.S Éducation » propose des discussions publiques qui se tiendraient « dans les stades ou gymnases » devant l’ensemble des enseignants, afin d’éviter toute « suspicion de compromission ».

Cette initiative spontanée, née début décembre, fédère des enseignants du primaire et du secondaire bien décidés à rompre avec les pratiques jugées complaisantes de certaines « têtes syndicales corrompues ».

Articles connexes

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page