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Gabon : Face à l’érosion de la couverture vaccinale, les autorités enclenchent un plan de riposte

Le Gabon aborde la Semaine africaine de la vaccination, lancée ce 22 avril 2026, dans un contexte préoccupant. Les indicateurs nationaux montrent un recul de la couverture vaccinale, faisant craindre un retour de maladies pourtant évitables. Une situation qui a conduit la ministre de la Santé, Pr Elsa Joséphine Ayo Nkana épouse Bivigou, à tirer la sonnette d’alarme et à annoncer une série de mesures destinées à redresser la trajectoire.

Selon les données communiquées par le ministère, les performances actuelles oscillent entre 60 % et 75 %, bien loin du seuil de 90 % visé par les autorités sanitaires. L’un des signaux les plus marquants concerne le vaccin Penta 3, dont la couverture n’a atteint que 62 % en 2025. Une baisse qui affecte particulièrement les enfants de plus d’un an, souvent en rupture avec le système de suivi vaccinal.

Cette fragilisation n’est pas sans conséquences. Les autorités sanitaires rappellent que le pays a déjà été confronté à des alertes, notamment avec la réapparition de la diphtérie dans le Woleu-Ntem en 2023, ainsi que des épisodes récents de rougeole et de fièvre jaune. Des situations qui illustrent la vulnérabilité croissante des populations face aux maladies évitables par la vaccination.

Pour inverser la tendance, le gouvernement affiche une volonté d’action rapide. Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, l’année 2026 a été placée sous le signe de la relance vaccinale, avec un mot d’ordre : élargir la couverture et atteindre les enfants jusque-là exclus du système.

Parmi les leviers identifiés, l’approche dite « Atteindre chaque district » occupe une place centrale. Elle vise à repérer et immuniser les enfants n’ayant reçu aucune dose de vaccin, en particulier dans les zones difficiles d’accès et les quartiers marginalisés. En parallèle, les autorités prévoient de renforcer les infrastructures logistiques, notamment à travers la modernisation de la chaîne de froid.

L’introduction de réfrigérateurs solaires devrait permettre d’assurer une meilleure conservation des vaccins, y compris dans les régions les plus isolées, avec l’appui de partenaires comme l’UNICEF et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies.

Le virage numérique constitue également un axe majeur de cette stratégie. L’objectif est de disposer d’outils de suivi en temps réel pour mieux gérer les stocks et anticiper les besoins. Des plateformes comme DHIS2 ou les systèmes d’information géographique seront mobilisées pour améliorer la traçabilité et l’efficacité des campagnes.

Dans le même temps, le calendrier vaccinal sera enrichi. Plusieurs antigènes devraient être introduits progressivement, notamment contre le pneumocoque, le rotavirus, le papillomavirus humain (HPV) et le paludisme. Une seconde dose du vaccin contre la rougeole est également prévue dès cette année, afin de renforcer l’immunité des enfants.

Au-delà des aspects techniques, les autorités insistent sur la nécessité d’une mobilisation collective. Une campagne de sensibilisation sera déployée pour lutter contre la désinformation et encourager l’adhésion des populations. La vaccination, rappellent-elles, reste gratuite dans les structures publiques et constitue à la fois un droit fondamental pour les enfants et un devoir pour les familles.

Dans un contexte où les acquis sanitaires sont fragilisés, le Gabon tente ainsi de reprendre l’initiative. Entre réformes structurelles, innovations technologiques et appel à la responsabilité citoyenne, le pays joue une course contre la montre pour éviter de nouvelles crises sanitaires et restaurer la confiance autour de la vaccination.

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