La hernie inguinale : une maladie nationale chez les hommes

La hernie inguinale est une pathologie qui se traduit par une faiblesse de la paroi abdominale. Cette faiblesse permet le passage d’une anse intestinale ou d’un autre organe de l’abdomen à travers le canal inguinal. Au Gabon, de nombreux jeunes hommes en souffrent et plusieurs sont passés au bloc opératoire.
On entend souvent parler de hernie, mais on mesure rarement à quel point cette maladie peut être invalidante. Elle se manifeste par de fortes douleurs dans l’aine ou le scrotum. La protubérance peut grossir et entraîner un glissement de l’intestin. Une partie de celui-ci peut alors se retrouver coincée : on parle de hernie étranglée. Cette situation peut provoquer une nécrose par manque d’irrigation sanguine.
Une cause commune, mais négligée
Les causes sont multiples : surpoids, efforts répétés, constipation, toux chronique. Mais celle qui revient le plus souvent est le port de lourdes charges. De nombreux jeunes âgés de 12 à 30 ans soulèvent des poids bien au-delà de la norme, notamment des bidons d’eau.
L’absence d’eau courante dans certains quartiers de la capitale gabonaise aggrave le problème. La distance pour s’approvisionner est souvent importante. Pour éviter de faire plusieurs allers-retours, les jeunes surchargent les brouettes afin de « se dépêcher ».
« Moi, je viens de me faire opérer de la hernie. Quand je puise de l’eau, je soulève plusieurs bidons à la fois pour éviter de durer, parce que la pompe est loin de la maison », confie Jo, hospitalisé après son opération dans une structure de la place.
Il n’est pas le seul. Ils sont nombreux à passer sur la table d’opération, et tous ont un point commun : le port de charges lourdes lié à l’approvisionnement défaillant en eau.
Quelle responsabilité pour l’État ?
On se le demande tous : que fait l’État face à cette situation ? N’est-il pas informé que les jeunes Gabonais souffrent ? Mais comment pourrait-il réagir s’il ne connaît pas l’ampleur du phénomène ? Puiser l’eau reste une tâche masculine dans les zones où l’eau manque, et beaucoup de garçons et d’adultes en souffrent.
Certaines familles démunies peinent à faire soigner leurs enfants. Le gouvernement devrait faciliter l’accès aux soins pour les jeunes atteints de hernie. Il revient donc à l’État de réduire considérablement le coût des soins et des médicaments, et d’améliorer la prise en charge lorsque la santé des Gabonais est engagée. Cela devient d’autant plus urgent que la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon peine à trouver des solutions depuis longtemps.



