Eau et énergie : le gouvernement vise une couverture de 95 % et 90 % d’ici 2030

Le gouvernement gabonais entend accélérer la transformation des secteurs de l’eau et de l’énergie afin d’améliorer durablement les conditions de vie des populations. Invité de l’émission « Les 100 jours du gouvernement », le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a présenté les premières actions engagées depuis sa prise de fonctions ainsi que les objectifs fixés à l’horizon 2030.
Face à une situation qu’il juge particulièrement préoccupante, le membre du gouvernement a reconnu que le Gabon est confronté à une importante crise énergétique doublée de difficultés persistantes dans l’approvisionnement en eau potable. Selon lui, ces deux problématiques sont étroitement liées, l’accès à l’eau dépendant directement de la disponibilité de l’électricité.
Pour remédier à cette situation, l’Exécutif a engagé une série de réformes visant à corriger les faiblesses structurelles accumulées au fil des décennies. Parmi les principales difficultés identifiées figurent le vieillissement des infrastructures, dont certaines sont en service depuis plus d’un demi-siècle, l’insuffisance des opérations de maintenance ainsi que des lacunes en matière de gouvernance.
Dans cette dynamique, la restructuration de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) figure parmi les priorités du gouvernement. Philippe Tonangoye a confirmé que le processus devant conduire à la séparation des activités eau et énergie sera mené à son terme, conformément aux engagements pris par les autorités. Sur le terrain, plusieurs actions ont déjà été engagées pour améliorer la production et la distribution de l’électricité.
À Libreville, les travaux de remplacement de câbles stratégiques approchent de leur achèvement. Le gouvernement indique également avoir renforcé les capacités de production grâce à l’ajout de nouvelles puissances électriques à Bongolo et Mayumba, ainsi qu’à l’augmentation des importations d’énergie en provenance de la Guinée équatoriale. En province, 31 groupes électrogènes ont été installés dans 25 localités afin de réduire les déficits constatés.
D’autres projets structurants sont attendus dans les prochains mois, notamment la mise en service progressive de la centrale hydroélectrique de Kinguélé Aval. Selon le ministre, cette infrastructure devrait contribuer significativement au renforcement de l’offre énergétique nationale, avec de nouvelles capacités prévues entre 2026 et 2027.
Dans le domaine de l’eau, les autorités ont privilégié des mesures d’urgence tout en préparant des investissements de plus grande envergure. Ainsi, 120 bornes-fontaines ont été réhabilitées et 16 forages remis en service. Le gouvernement a également conclu un partenariat avec le groupe Suez, évalué à 200 millions d’euros, destiné à améliorer durablement l’approvisionnement en eau dans le Grand Libreville à travers des investissements couvrant la production, le transport, le stockage et la distribution.
L’accès régulier aux services publics constitue également un axe majeur de la stratégie gouvernementale. Dans ce cadre, 127 000 compteurs ont été commandés pour soutenir l’initiative « Un Gabonais, un compteur », tandis qu’une opération de régularisation cible plusieurs milliers d’usagers.
Au-delà des mesures d’urgence, l’ambition affichée repose sur un vaste programme d’investissement estimé à 2 000 milliards de francs CFA sur sept ans. Ce plan doit permettre de moderniser les infrastructures, renforcer la gouvernance du secteur et diversifier les sources d’énergie, notamment grâce au développement du solaire en milieu rural.
À terme, le gouvernement ambitionne d’atteindre un taux d’accès de 95 % à l’électricité et de 90 % à l’eau potable sur l’ensemble du territoire national d’ici à la fin de l’année 2030. Un objectif que Philippe Tonangoye estime réalisable à condition de poursuivre les réformes engagées et de maintenir les investissements programmés.



