L’assainissement des finances publiques dévoile une lourde réalité. Pour la première fois, la dette intérieure du pays surpasse sa dette extérieure. Si cette opération « vérité » est un signal de bonne gouvernance, elle place le Trésor public sous haute tension.

À fin novembre 2025, la dette intérieure du Gabon a bondi de 46,57 % en un an pour atteindre 4 345,7 milliards de FCFA, dépassant ainsi la dette extérieure, estimée à 4 201,5 milliards.
Cette explosion n’est pas le fruit de nouveaux emprunts, mais d’une vaste opération de régularisation comptable.
L’effet Task-Force

En validant les créances autrefois « hors bilan » ou contestées, la Task-Force présidentielle a fait grimper les compteurs.
La reconnaissance de ces dettes moratoires, qui atteignent le niveau record de 726,3 milliards de FCFA, a transformé de simples arriérés commerciaux en engagements financiers fermes pour l’État.
Un paradoxe budgétaire

Cette volonté de transparence crée un goulot d’étranglement immédiat.
Peinant à suivre le rythme des certifications de la Task-Force, le Trésor public voit paradoxalement ses arriérés de paiement gonfler de 166,2 milliards de FCFA par rapport à fin 2024, pour frôler les 437,5 milliards.
L’État régularise le passé, mais accumule de nouveaux impayés au présent.
L’équation délicate de 2025-2026

L’exécutif fait désormais face à un défi redoutable honorer ce lourd passif sans paralyser le fonctionnement du pays.
Avec un service de la dette intérieure évalué à 1 319 milliards de FCFA pour 2025, Libreville devra manœuvrer habilement.
L’objectif est de dégager suffisamment de marges pour préserver ses investissements futurs, estimés à plus de 2 100 milliards de FCFA pour la seule année 2026.



