Société

Affaire Esther Miracle : un juge écarté, le procès reporté au 7 avril

Nouveau développement dans le dossier du naufrage de l’Esther Miracle. Le tribunal correctionnel de Libreville a procédé, le 1er avril 2026, au retrait du président de céans, Christian Mba Meloune, à la suite d’une demande de récusation introduite par les avocats des parties civiles. L’audience a été renvoyée au 7 avril, le temps de réorganiser la composition de la juridiction.

À l’origine de cette décision, une requête déposée par Me Anges Kevin Nzigou, représentant plusieurs dizaines de victimes. L’avocat s’appuie sur les dispositions du Code de procédure pénale encadrant la récusation d’un magistrat, estimant que certaines conditions du procès ne garantissaient pas pleinement les droits de la défense.

Parmi les principaux griefs soulevés figure l’absence de communication complète du dossier. Selon la défense des parties civiles, plusieurs démarches auraient été entreprises pour obtenir l’intégralité des pièces de la procédure, sans résultat. Une situation jugée préjudiciable à la préparation de la défense et au respect du principe du contradictoire.

Autre point de contestation : le refus de renvoi lors d’une précédente audience, malgré des arguments liés notamment au nombre important de parties civiles et aux difficultés matérielles de plaidoirie. Pour l’avocat, ces éléments ont contribué à créer un déséquilibre procédural.

Au-delà de ces aspects techniques, la demande de récusation repose également sur l’existence d’un doute quant à l’impartialité de la juridiction. Sans évoquer de considérations personnelles, la défense insiste sur la volonté de préserver non seulement l’impartialité, mais aussi son apparence, essentielle dans un dossier aussi sensible.

Conformément à la procédure, le magistrat concerné a été écarté dans l’attente de la décision sur le bien-fondé de la récusation. Une nouvelle formation de jugement a été constituée afin d’assurer la continuité du processus judiciaire. En conséquence, les audiences, initialement prévues sur plusieurs jours, ont été suspendues et reprogrammées au 7 avril 2026.

Pour rappel, l’affaire « Esther Miracle » remonte au naufrage du ferry survenu le 9 mars 2023 entre Libreville et Port-Gentil. Le drame, qui avait coûté la vie à 37 personnes, avait profondément marqué l’opinion publique et suscité de fortes attentes en matière de justice. La suite de la procédure dépend désormais de la décision à intervenir sur la récusation, étape clé pour garantir la poursuite du procès dans des conditions jugées équitables par l’ensemble des parties.

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