Logement, urbanisme et foncier : Mays Mouissi dévoile les premières avancées de son ministère

Le ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre a rendu public le bilan de ses cent premiers jours d’activité couvrant la période de janvier à mars 2026. Supervisé par Mays Mouissi, le document de 56 pages présente un ensemble de réformes, de projets immobiliers et de mesures foncières censés traduire les premières orientations du gouvernement dans un secteur considéré comme prioritaire.
Dès les premières lignes, le rapport affiche des ambitions structurées autour de trois axes majeurs : augmenter l’offre de logements accessibles, améliorer les outils de planification urbaine et renforcer la sécurisation des droits fonciers. Une feuille de route directement rattachée au Plan National de Croissance et de Développement (PNCD).
Cette publication intervient dans un contexte où la question du logement reste l’une des attentes sociales les plus fortes depuis l’arrivée au pouvoir du président de la République. Lors de son investiture du 3 mai 2025, le chef de l’État avait placé le logement parmi les priorités de son mandat, au même titre que l’accès à l’eau, à l’énergie, à la santé ou encore la lutte contre la vie chère.
Le vice-président du gouvernement, , avait lui aussi insisté sur la nécessité d’obtenir des résultats « rapides, concrets et durables ». Un cap politique qui oblige désormais les différents départements ministériels à produire des résultats visibles.
Une dynamique immobilière encore en phase de lancement
Dans le domaine de la construction, le ministère met en avant un portefeuille de 1 394 logements actuellement en chantier à travers le pays. Plusieurs opérateurs publics et privés participent à ces projets, parmi lesquels ADDOHA, ONELINK Holding Groupe Gabon, la Société nationale immobilière (SNI), Urban Life, Infra Group, Maurel & Prom ou encore HONGMEN BTP.
Le rapport évoque également 4 342 parcelles déjà aménagées et commercialisées, auxquelles s’ajoutent plus de 5 500 terrains toujours en phase de viabilisation. Malgré cette activité affichée, les réalisations concrètement livrées restent encore limitées à ce stade. Le seul chiffre de commercialisation effectivement enregistré concerne 100 logements vendus par la SNI. Une donnée qui illustre le caractère encore préparatoire de plusieurs projets présentés dans ce bilan.
Le ministre Mays Mouissi reconnaît d’ailleurs que les résultats les plus visibles sont attendus d’ici la fin de l’année 2026. Après seulement quatorze semaines ouvrées réelles sur la période concernée, le document apparaît davantage comme une photographie des chantiers engagés qu’un véritable bilan d’achèvement.
Le foncier et le cadastre au cœur des réformes
C’est surtout sur le terrain juridique et cadastral que le ministère semble avoir concentré ses efforts durant ces premiers mois.Le rapport fait état de 16 811 décisions de cession en toute propriété établies, dont plus de 11 000 déjà transférées à la Conservation foncière. Plusieurs textes réglementaires ont également été adoptés afin d’encadrer la réforme du secteur, notamment l’ordonnance du 26 février 2026 portant régime de la propriété en République gabonaise ainsi que le décret instituant un Guichet unique de la propriété foncière.
En parallèle, les services techniques ont lancé plusieurs opérations de cartographie et de modernisation cadastrale. Au total, 135 cartes du Grand Libreville ont été produites, tandis que le réseau géodésique a été renforcé dans plusieurs localités comme Ntoum, Moanda, Mounana et Mayumba.
Des travaux d’orthophotographie ont également débuté à Lambaréné et Mouila afin d’améliorer la précision des données foncières. Le gouvernement a par ailleurs annoncé la création d’une commission interministérielle chargée de traiter la régularisation du domaine portuaire d’Owendo, un dossier particulièrement sensible depuis plusieurs années.
Au terme de ces cent premiers jours, le ministère présente donc un bilan marqué davantage par des réformes structurelles et des préparatifs administratifs que par des réalisations massivement visibles sur le terrain. Les bases juridiques semblent progressivement se mettre en place, les outils cadastraux se modernisent et plusieurs opérateurs immobiliers ont été mobilisés. Mais l’enjeu principal demeure désormais celui de la concrétisation.
Car au-delà des chiffres annoncés, des décrets adoptés et des projets lancés, les attentes des populations restent concentrées sur une question simple : celle de l’accès réel à des logements décents, accessibles et effectivement livrés dans les délais annoncés.



