
Entre honoraires faramineux et immobilisme procédural, Maître Ange Kevin Nzigou est aujourd’hui pointé du doigt par une famille aux abois. Derrière les barreaux de la prison centrale de Libreville, un homme malade attend une justice qui semble s’être arrêtée au seuil du portefeuille de son avocat.

6 000 000 de francs CFA. C’est la somme déjà encaissée par Maître Ange Kevin Nzigou pour assurer la défense de Landry Nze Essame, incarcéré depuis septembre 2022.
Pourtant, à l’heure où nous écrivons, le résultat pour le détenu est une équation au solde tragique.
Zéro acte utile, une santé déclinante et une procédure totalement paralysée.

Un détenu « otage » d’un conflit d’argent
Landry Nze Essame est devenu, selon les cris de détresse de sa famille, l’otage d’un bras de fer financier imposé par son propre conseil.
En invoquant les règles déontologiques pour bloquer la constitution de nouveaux avocats tant qu’un reliquat d’honoraires n’est pas versé, Maître Ange Kevin Nzigou a de facto verrouillé la cage de son client.
« Comment peut-on justifier qu’un différend sur le solde d’une facture puisse primer sur l’impératif de liberté et de santé d’un homme ? » s’interroge un membre de la famille du détenu.
La question est d’autant plus révoltante que la famille dénonce une « carence totale ».
Absences aux auditions, promesses de visites en prison jamais honorées et silence assourdissant face à la spoliation présumée des biens du détenu.
Le silence complice de l’Ordre des Avocats ?

Le scandale ne s’arrête pas à la porte du cabinet de Maître Nzigou. Il s’étend aux couloirs feutrés de l’Ordre des Avocats du Gabon.
Saisi à deux reprises, en novembre 2025 et mars 2026, le Bâtonnier brille par son inaction.
Ce mutisme institutionnel est un signal désastreux envoyé à l’opinion publique. Il semble que la corporation se serre les coudes au mépris de la souffrance des familles.

Quatre renvois de procès plus tard, la prochaine audience est fixée au 21 avril 2026.
Sans un arbitrage immédiat, Landry Nze Essame se présentera une nouvelle fois seul ou sans défense effective, victime d’un système où l’argent semble être devenu la condition sine qua non du droit à l’innocence.


